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AEDDAN ♔ Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir

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Tu es la Richesse de Demain
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ﮦ ÂGE : 30 ans
ﮦ ACTIVITÉ : Garagiste
ﮦ CÔTÉ COEUR : A gauche, connard
ﮦ MENSONGES : 5
ﮦ DISPONIBILITÉ : Présent
ﮦ A WINDFALL LANE DEPUIS LE : 15/02/2014


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one more night


MessageSujet: AEDDAN ♔ Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir Dim 16 Fév - 0:03



   
Aeddan Dáibhidh O'Briain

" Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir "

   

Mon histoire a débuté le 24 mars 1983, dans une lointaine contrée prénommée la Nouvelle-Orléans, ce qui fait de moi un américain. Également d'origine irlandaise, du coup si tu sais compter j'ai 30 ans. Si vous écoutez mon entourage il vous dira que je suis plutôt intelligent, malin, charismatique, persévérant, intriguant, mais malheureusement aussi peu cultivé, arrogant, orgueilleux, colérique, narcissique, violent parfois. Je sais bien que je suis canon, d'ailleurs quelqu'un m'a encore dit que je ressemblait terriblement à Josh Dallas. Effectivement je suis un homme. Ma vie amoureuse ? Et bien je m’intéresse beaucoup aux femmes et je suis célibataire, depuis quelques temps à savoir quatre ans. Pour ce qui est de ma magnifique vie professionnelle je suis en effet garagiste. En conclusion, et après ce petit retour sur moi-même, je pense être I need a second chance.



   

   
Let Me Guess Your Dark Secrets
   

   
Inutile de parler le matin quand il n'a pas pris son café (+) Il n'a pas longtemps été en cours, alors il n'est pas très cultivé (+) Il ne veut pas d'enfants (+) Il ignore qu'il est en fait déjà père (+) C'est un ancien dealeur (+) Il a tendance à vouloir tout contrôler (+) Il déteste les séries policières (+) Il adore l'odeur de l'essence (+) Il est très rancunier (+) Il regrette de ne pas avoir tué Aly et lui en veut terriblement (+) C'est un ancien dealeur (+) Il adore le sport

   
charismatique - arrogant - colérique - glacial - intelligent - malin


Il adore la bière (+) Il n'a jamais été en Irlande, malgré ses origines (+) Il n'y a qu'une seule personne pour qui il ferait n'importe quoi et c'est sa sœur (+) Il veut d'ailleurs tout faire pour qu'elle ait confiance à nouveau (+) Il aime énormément sa cousine (+) Il pourrait tuer pour protéger ceux qu'il aime (+) Il a tendance à péter les plombs pour un oui et pour un non (+) Contrairement à ce qu'on pourrait croire, il aime faire la cuisine mais seulement parce qu'il aime manger (+) Il est très gourmand (+) Il adore le chocolat (+) Il ne supporte pas les végétariens (+) Il ne supporte pas beaucoup de monde d'ailleurs

   
   


   

   
Please Answer Me
   

   
→ Est-ce que la température dérange votre mode de vie ou vous déguerpissez lors-qu'arrive les 30 jours de nuit ?
   Très honnêtement, le climat, il s'en fou. Il considère qu'il a le droit de se considérer comme un gros dur, après avoir été battu enfant et après avoir passé quatre ans en prison. Alors très franchement, ce n'est pas des températures un peu froides ou trente jours sans soleil qui vont l'effrayer, bien loin de là. Il s'est très vite adapté au climat, le plus important pour lui étant d'être au près de sa soeur et c'est le seul moyen qu'il a trouvé pour cela.
   → Qu'est-ce qui vous a poussé à vous installer à Windfall Lane
   La raison de son installation n'est pas compliquée : c'est sa soeur. Mais en vérité, même s'il ne l'avouera jamais, il a également besoin d'une seconde chance. C'est un ancien taulard un peu paumé et évidemment qu'il a besoin d'un nouveau départ dans la vie. Ici, dans cette ville perdue, personne ne le considère comme Aeddan, le dealeur qui s'est fait avoir par une prostitué et qui a fini en taule. Non, ici on le considère simplement pour lui même.
   → Raconte-nous un peu, c'est quoi ton petit secret ? Celui que tu caches si bien...
   Eh bien son secret est-il vraiment secret ? Ancien taulard, c'est sans doute son plus grand secret. Mais il y a pleins de choses qu'il cache aux autres. Par exemple, il dissimule que son père lui tapait dessus, parce qu'il ne veut pas qu'on ait pitié de lui. Il dissimule également que c'est un ancien dealeur doublé d'un ancien drogué. Et il cache très bien qu'il a un jour été amoureux d'une prostitué. Non pas qu'il en ait honte. Mais un peu quand même.
   → Sinon c'est quoi ta plus grande honte/peur ?
   Il ne l'avouera jamais, mais Aeddan est comme tous les hommes et à ce titre, il a peur de ... choses et d'autres. Sa plus grande peur est sans doute de perdre sa soeur ou sa cousine. Parce que mine de rien, il accorde beaucoup d'importance à sa famille et l'idée même de les perdre lui est insupportable. Il a également peur des serpents, mais c'est une peur qu'il tente de raisonner : une petite bête n'en mangera pas une grosse et puis ... les probabilités d'en croiser en Alaska sont quand même très minces.
   



   


   
Let Me Guess Who You Are
   

   

   
PSEUDOSilver ÂGEToujours 19 ans SEXEBien portant, merci de vous en soucier OÙ AS TU DÉCOUVERT LE FORUM?Rolling Eyes QUELLES SONT TES IMPRESSIONS?     DÉSIRES TU ÊTRE PARRAINÉ(E)?Nope Rolling EyesFRÉQUENCE DE CONNEXION Jamais (a)  UN DERNIER MOT?Atchoum

   
Code:
<taken>Josh Dallas</taken>  ﮦ <pseudo>Aeddan D. O'Briain</pseudo>
   
   

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ﮦ ÂGE : 30 ans
ﮦ ACTIVITÉ : Garagiste
ﮦ CÔTÉ COEUR : A gauche, connard
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ﮦ A WINDFALL LANE DEPUIS LE : 15/02/2014


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MessageSujet: Re: AEDDAN ♔ Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir Dim 16 Fév - 0:13



   
Let Me Guess Your Beautiful Story
   

   


   
Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir


« Aeddan », couina une petite voix dans le noir. Je relevais la tête, sachant pertinemment à qui cette voix de poupée appartenait. C’était toujours sa même voix qui venait me déranger lorsque l’obscurité ne lui permettait plus de supporter de rester seule dans sa chambre. Elle venait sans arrêt chercher du réconfort dans mes bras, dans les bras de ce frère qui la protégerait, elle le savait. Car jamais personne ne lèverais  la main sur elle en ma présence, surtout pas ces parents qui tenaient d’avantage à leur drogue qu’ils ne tenaient à nous. Elle m’était précieuse, elle était sans doute la seule chose qui me retenait de ne pas péter les plombs. Mais elle était si petite, si fragile, si semblable à une poupée de porcelaine qu’il m’était impossible de supporter que quelqu’un ne puisse ne serait-ce qu’imaginer lui faire du mal. « Viens là ma grande », murmurais-je pour l’encourager à pénétrer dans cette chambre dépourvue de décoration. Seul un lit au matelas éventré s’y trouvait, accompagné d’une commode et d’une armoire abimée, dans laquelle je cognais régulièrement pour passer mes nerfs. Mais je n’étais le genre de garçon à posséder des jouets à la mode parce que mes propres parents dépensaient le peu d’argent qu’ils avaient dans des stupéfiants qu’ils affectionnaient tant. La seule chose que je possédais finalement, c’était une petite sœur à la beauté angélique qui me toisait de ses prunelles océanique et que je craignais de quitter des yeux de peur qu’il ne lui arrive quoi que ce soit. La porte s’ouvrit d’avantage pour laisser sa frêle silhouette passer et se referma aussitôt. J’eus cependant le temps d’entendre par l’ouverture la voix de mon père qui semblait très en colère. Et dans ces cas-là, je savais comment ça finissait. Plus d’une fois, il avait levé la main sur cette femme qui était ma mère. Plus d’une fois, j’avais souhaité sortir de cette chambre pour prendre sa défense, mais je craignais bien trop les représailles. Les corrections que ce père m’infligeait étaient déjà suffisantes pour que je ne me risque pas à en demander d’avantage. Un sanglot me tira de mes pensées et je me souvenais de la présence de Chloé, malgré la lumière inexistante de la pièce. Elle trouva le chemin dans le noir, chemin qu’elle connaissait fort bien pour le parcourir chaque jour. Elle avait sa propre chambre, pourtant, il n’y avait une seule nuit qu’elle ne passait pas avec moi. Sa frêle silhouette se hissa sur le lit et je refermais mes bras autour de son corps fragile. « Je te promets qu’un jour je te sortirais de là ». Une promesse faites, qu’il tiendrait, il en était sûr. Comment, en revanche, c’était une toute autre question. Comment un garçon de huit ans pouvait-il seulement venir en aide à sa petite sœur de quatre ans sa cadette ? Je n’étais qu’un enfant, qu’un petit garçon perdu. Moi aussi j’avais besoin d’aide. Moi aussi je devais être protégé. Au lieu de quoi je mentais et dissimulais la misère dans laquelle je vivais à l’école, de crainte que quelqu’un n’intervienne, de peur que ma petite princesse me soit arrachée.


« Ne la touche pas ! », explosais-je soudain. Une erreur, je le savais. Mais je ne pouvais que me rebeller contre ces parents qui étaient visiblement décidés à s’en prendre à une petite sœur sans défense. Je savais que j’en payerais les conséquences, mais comment pouvais-je seulement les laisser faire ? La petite brune me fixait de ses prunelles océaniques, apeurée. Je la tirais par le bras, l’éloignant de ce père qui semblait dans une rage presque animale pour la cacher derrière moi. Je ferais barrage de mon corps, mais jamais je ne la laisserais dans le chemin de cet homme. A cet instant, je le haïssais plus que je ne l’avais jamais haïs de toute ma vie. Et vu le regard qu’il me jetait, j’étais persuadé qu’il pensait exactement la même chose en cet instant. Mais tout ce qui m’importait, c’était de la dissimuler à son regard, de la maintenir hors de sa portée, cette petite poupée de porcelaine que j’avais décrété fragile et que je me devais de préserver, tandis qu’elle enfonçait ses petits doigts dans mon t-shirt, tremblant de peur. « Pardon ? », grogna mon père, d’un ton féroce. Mais curieusement il ne m’impressionnait pas. Quand c’était ce petit être auquel je tenais tant qui était en jeu, je n’avais pas peur de ce qu’il pouvait faire. « Je t’ai dit de ne pas la toucher. Ce n’est pas sa faute. Je voulais … finir plus vite de dresser la table et je lui ai demandé de mettre les verres sur la table. Mais elle n’arrivait pas à les attraper, c’est pour ça qu’ils sont tombés », mentis-je. Au point où j’en étais … je n’étais plus vraiment à cela près. La tempe de cet homme qui était mon père se mit à battre et je pouvais lire la rage sur son visage. Je serais les dents, peu rassuré. Je le sentais venir, ce déferlement de rage. J’allais payer le prix de mon affront, j’en étais parfaitement conscient. Alors, il fit un pas en avant et je poussais ma petite sœur sur le côté. Je l’entendais sangloter, tandis qu’elle se réfugiait derrière une chaise pour se protéger. L’homme m’attrapa par le t-shirt et me secoua si fort que j’en eu le tournis. Soudain, son poing fendit l’air et à l’instant même où il heurta ma tempe, une douleur sourde s’éveilla dans ma tête douloureuse. Les coups suivant furent curieusement plus facile à endurer, puis il me lâcha soudain, tandis que je me tenais le ventre, comme si ma peau l’avait soudain brûlé. Il quitta la pièce en claquant la porte et une main froide se posa sur mon bras. C’était ma mère. J’avais cru, l’espace d’un instant, qu’elle allait me venir en aide. Au lieu de quoi, sa main heurta ma joue qui se pencha sur la droite tandis qu’elle me regardait d’un air féroce. « Petit ingrat. Nous vous donnons tout, absolument tout ce que nous avons et en plus vous n’êtes pas contents. On aurait dû vous abandonner au bord d’une autoroute », cracha-t-elle en le relâchant. « Ramasse ce que tu as cassé et va dans ta chambre. Quant à toi, cesse de chouiner et va à table, si tu ne veux pas être privée de nourriture toi aussi », grogna-t-elle à l’intention de sa petite sœur avant de disparaître par la même porte que mon père précédemment. La petite fille me regarda de son regard larmoyant. Je savais qu’elle voulait m’aider. Mais comment pouvais-je expliquer à un être si petit et si fragile tout ce que je faisais pour elle ? « Vas-y, s’il te plait. Je vais me débrouiller ».

La seringue chuta sur le sol, tandis que je retirais ce fin morceau de tissu qui entourait mon bras. Je me laissais aller contre mon oreiller, fermant les yeux. Des étoiles se mirent à briller en plein jour et j’éprouvais soudain un sentiment de plénitude et de satisfaction que même une femme ne parvenait pas à me faire ressentir. J’étais entier,  j’étais complet. Et pourtant, dieu seul savait à quel point j’avais honte de moi. Je m’étais échappé de cette maison, avait fui un système scolaire pour me plonger dans la rue, afin de veiller sur une petite sœur que j’avais entrainé avec moi. Je la protégeais, dans notre misérable appartement, je faisais ce qui était en mon pouvoir pour lui garantir une scolarité et une chance de réussir. Mais elle paraissait toujours si petite à mes yeux. Je n’étais apte à m’occuper d’une gamine de quatorze ans alors que j’en étais tout juste âgé de dix-huit. Mais je n’avais pu me résoudre à la laisser derrière moi, quand j’avais claqué définitivement la porte de ces parents tant haïs. Pourtant, aujourd’hui je n’étais pas beaucoup mieux qu’eux, vendant de la drogue pour nous permettre un abri, un frigo bien remplis et quelques artifices. Mais j’en consommais désormais moi-même et entre ça et les différentes filles qui affluaient chaque jour dans notre appartement, je n’étais sûr d’être un meilleur exemple pour elle que tout ce qu’elle ait pu avoir jusqu’à présent. Je le voyais parfois dans ses yeux, ce sentiment de peur que j’avais vu par le passé quand elle regardait mon père. Pourtant, tout ce que j’avais toujours fait, je l’avais fait pour elle. Probablement que si elle n’avait pas été là, je me serais depuis longtemps laissé aller. Une dose de trop et mon sort aurait été scellé. Mais je ne pouvais la laisser seule. Elle, au moins, elle devait avoir une chance. Je voulais qu’elle puisse continuer à grandir, continuer à étudier et un jour probablement, elle deviendrait quelqu’un. Si je ne mourrais pas avant. Si je ne finissais pas en taule avant. Mais que pouvais-je bien faire d’autre ? J’avais depuis longtemps quitté le milieu scolaire, depuis qu’il m’était devenu impossible de cacher mes hématomes et que les professeurs posaient trop de question. « Aeddan ? ». La voix me tira de mes pensées et je rouvris les yeux, plus très sûr pour l’heure de savoir où je me trouvais réellement. Ma chambre se dessina cependant sous mes prunelles et malgré l’obscurité, je voyais le corps nu de cette poupée brune qui s’étendait sous mes yeux, tandis qu’elle me souriait, visiblement ravie. Je ne me souvenais pas même de son nom et demain, elle disparaitrait à jamais. Mais en cet instant, je pouvais bien encore lui appartenir, quelques minutes, quelques instants. Je me tournais vers elle, mon sourire charmeur illuminant mes traits pourtant tirés, fatigués. Elle gloussait, sans que je comprenne qu’elle en était la raison. Je l’aperçu alors, cette poudre blanche qui se fondait à merveille sur son ventre à la peau si pâle. J’oubliais tout. J’oubliais qui j’étais. Je plongeais, répondant au doux appel de la drogue et de la luxure.


« Ne me fais pas chier », grognai-je, ne tenant finalement plus. Il m’agaçait, avec ses conneries. Qu’est-ce que j’en avais à foutre, de sa vie, sérieusement ? Bon, certes, je lui devais toujours de l’argent, mais était-il bien utile de venir me le redire ? Comme si j’avais pu l’oublier. J’étais dans la merde jusqu’au cou et rien n’aurait pu me faire penser à autre chose, même si je l’avais voulu. « Tu auras ton fric. Maintenant dégage de chez moi », explosais-je. Et pour cause, le seul fait de savoir que ma sœur était à la maison me révulsait. Je ne supportais pas l’idée que des malfrats dans mon genre s’invitent sous mon toit quand elle y était. Je lui avais promis un abri, je lui avais promis de la protéger. Et si les choses tournaient mal, qu’est-ce que je pouvais bien faire ? Je ne préférais même pas y penser. « Qui sont ces gens, Aed ? », susurra soudain une voix douce dans mon dos. Je sursautais et me retournais, pour tomber nez à nez avec le corps frêle et le visage pâle de cette sœur à qui j’avais pourtant demandé de rester à l’écart. Elle me tapait sur les nerfs parfois, à ne jamais vouloir obéir à ce que je pouvais lui dire. « Je t’avais dit de rester dans ta chambre », grognai-je, oubliant l’espace d’un instant que nous n’étions pas seul et qu’un instant plus tôt, c’était moi qui me faisait engueuler. « Je ne suis plus une gamine, je n’ai plus à recevoir d’ordres. Qui sont ces gens, Aed ? ». Je fronçais les sourcils. Depuis quand n’était-elle plus une gamine ? Ça ne m’avait bien entendu pas échappé qu’elle avait désormais seize ans, qu’elle était magnifique et très intelligente, mais de là à ce qu’elle n’ose me défier … Comment avais-je fais pour ne pas me rendre compte que ma petite sœur c’était forgé un caractère bien trempé et qu’elle refusait désormais que je la manipule à mon gré ? « QUI SONT CES GENS AEDDAN ?! », hurla-t-elle soudain. Je fronçais d’avantage les sourcils et mon sang ne fit qu’un tour. Je dû me retenir pour ne pas la secouer, pour ne pas l’envoyer de force dans sa chambre. J’étais prêt à beaucoup pour elle, mais de là à tolérer qu’elle me parle sur ce ton devant ces gens, sous mon propre toit. « Des gens à qui je dois du fric », pestais-je en frappant contre le frigo qui s’ouvrit sous le choc. Elle recula, sursautant, ne s’attendant visiblement pas à une réaction aussi violente de ma part. Un mouvement dans mon dos m’empêcha cependant de m’excuser tandis que je me retournais pour faire face à ces hommes qui réclamaient leur dû. « Tu sais, O Briain, notre situation … compliquée, pourrait s’arranger, disons. Laisse-moi une heure en compagnie de cette charmant jeune fille et je pourrais disons … éponger une partie de ta dette ». Mon sang ne fit qu’un tour. Je repoussais violemment la main que Chloé avait posée sur mon poignet et m’élançait, balançant de toutes mes forces mon poing dans la figure de ce salopard. « Espèce d’enflure. Je t’interdis de parler comme ça de ma petite sœur », pestais-je en le frappant à nouveau. L’un des hommes l’accompagnant sortit aussitôt son arme et me repoussa, tandis que l’homme à qui je devais une certaine quantité d’argent se relevait péniblement. « On se reverra O Briain et crois-moi que la prochaine fois, si tu n’as pas mon pognon, ce sera dans des circonstances beaucoup moins cordiales ».

Ma capuche fut relevée, tandis que je quittais cette ruelle sombre que j’avais occupé toute la soirée. Il était temps de bouger avant que ma présence n’interpelle des policiers qui finiraient par se demander ce que je faisais … Et la réponse ne serait d’ailleurs pas franchement difficile à trouver. Mes poches étaient pleines de billets, tandis que je m’étais débarrassé d’un stock de cocaïne qui me permettrait de payer le loyer pour le mois prochain. C’était déjà mieux que rien. Une voiture klaxonna en passant près de moi et je sursautais. Me retournant vivement, mais pas assez cependant, la détonation parvint à mes oreilles et je m’effondrais sur le sol bien avant de voir le visage de Gary, cet homme à qui je devais toujours un sacré paquet de pognon. La douleur m’anesthésiait le cerveau et je me retrouvais dans l’incapacité de réfléchir. Ma main rencontra mon abdomen et se tinta d’écarlate, la blessure souillant ma peau de ce sang si précieux qui coulait abondamment de la plaie. Un pied écrasa soudain ma cage thoracique et je gémis de douleur, souffrant le martyr. « Tu aurais mieux fait de me laisser passer un moment avec ta sœur finalement, O Briain. Je t’avais dit qu’on se reverrait ». Je fronçais les sourcils et bandait les muscles, tentant de me redresser. Mais il m’empêchait de bouger et de toute façon, je souffrais bien trop pour tenter de me relever. « Va te faire foutre », marmonnais-je avant d’éclater de rire, ultime provocation avant que le monde ne commence à tanguer autour de moi. Quitte à crever, autant le faire avec brio. Le monde cessa soudain de tourner et le noir tout entier m’engloutit. J’ignorais ce qui se passait autour de moi, j’entendais vaguement des éclats de voix et des coups de feu me parvenaient de loin, mais je n’y prêtais aucune attention. C’était son visage qui se dessinait sur mes prunelles. Elle. Elle allait me perdre et désormais, elle serait seule. Parviendrait-elle à se débrouiller toute seule sans moi ? Je cessais aussitôt de penser car cette fois, l’obscurité m’envahit et mon cerveau s’éteignit. Dieu seul savait combien de temps c’était écoulé quand finalement, je rouvris les yeux. Je reconnu presque instantanément ma chambre. Que … Comment étais-je arrivé ici ? Avais-je rêvé que je m’étais … « Ah, putain ! », grognais-je. Une douleur aiguë c’était éveillée dans mon abdomen quand j’avais tenté de me relever. Non, visiblement, je n’avais pas rêvé. Des pas retentirent dans le couloir et la silhouette frêle de Chloé apparu devant moi. « Ne bouge pas, on t’a tiré dessus ». « Non, sans rire ? », râlais-je de mauvaise foi. Comment diable avais-je pu atterrir ici ? Comme si elle lisait dans mes pensées, la jeune fille prit alors la parole. « Ethan. C’est lui qui t’a ramené. Il a entendu les coups de feu et s’est précipité. Il a descendu les … Bon sang, Aeddan, arrête de bouger ! ». « Je fais ce que je veux ! », râlais-je encore une fois en m’asseyant sur le lit. Ainsi donc, Ethan m’avait sauvé la vie. C’était plutôt surprenant. Certes, nous nous connaissions bien, mais j’avais toujours cru qu’il était du genre à sauver sa peau et à laisser crever les autres. Visiblement, je m’étais trompé. « J’ai sortis la balle, j’ai désinfecté et pansé la plaie, mais je ne suis pas médecin, je pense que tu ferais bien d’aller à l’hôpital ». « Dans tes rêves ». Je voyais la colère et la peur qui se livraient une bataille féroce sur son visage, mais ce que je sentais surtout, c’était qu’elle avait quelque chose à me dire, sans pour autant oser. Je fronçais les sourcils et la fixait de mon regard lapis-lazuli. « Crache le morceau ». « C’est juste que … J’ai eu tellement peur de te perdre ». Sa fragilité me toucha, plus que je n’aurais su le dire. Pour la première fois depuis longtemps, j’étais redevenu son grand frère protecteur, celui qui la protégeait des coups de ses parents et qui la gardait dans ses bras des heures durant pour que rien ne puisse perturber son sommeil. J’attrapais son poignet et l’obligeait à se pencher vers moi, la serrant dans mes bras malgré la douleur. Mes lèvres se posèrent avec tendresse et délicatesse sur son front, tandis que je la serrais avec toute la tendresse dont j’étais capable. « Tu devrais peut-être … trouver un vrai job, tu ne crois pas ? Je pourrais t’aider en prenant un travail après les cours. Mais s’il te plait, ne me refais plus jamais une peur pareille ». Elle avait raison, je le savais. Pourtant, je me contentais de garder le silence. Changer … Comme si j’étais capable de devenir meilleur.

   
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MessageSujet: Re: AEDDAN ♔ Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir Dim 16 Fév - 0:14



   
Let Me Guess Your Beautiful Story
   

   


   
Le temps qui adoucie la peine n'efface pas les souvenirs


Des coups furent frappés à la porte et je fronçais les sourcils. Qui pouvait bien être le crétin qui venait me déranger si tard dans la soirée ? L’espace d’un instant, je cru qu’il s’agissait simplement de Chloé qui avait oublié ses clés, avant de me souvenir qu’elle m’avait prévenu qu’elle allait passer la nuit chez une amie pour ce soir et qu’elle ne rentrerait pas. Je renonçais donc à m’habiller, moi qui sortais tout juste de la douche et la serviette entourant ma taille, je me dirigeais vers l’entrée où les coups avaient retentis quelques instants plus tôt. J’ouvris la porte à la volée, ouvrit la bouche avant de la refermer en voyant la jolie blonde qui se tenait devant ma porte. Je haussais un sourcil, perplexe, me demandant ce qu’elle pouvait bien faire ici. Je l’avais bien entendu vu à de nombreuses reprises, quand elle venait m’acheter ces précieux sachets de poudre blanche qui la faisait planer des heures durant. De nombreuses fois, je m’étais surpris à la contempler un peu trop, à jeter un regard un peu trop appuyé sur son décolleté. Je ne pouvais nier qu’elle m’attirait, cette déesse aux courbes affolantes qui m’étais mon corps en émoi sans que je ne comprenne pourquoi. Des jolies filles, il y en avait des tas, elle n’était sûrement pas la seule à être belle à ce point, pas la seule non plus à posséder des courbes aussi affolantes. Pourtant, elle me plaisait et en cet instant, à peine mes prunelles eurent-elles effleuré ses lèvres que je sentis mon bassin s’enflammer. Je ne pouvais empêcher mon cerveau de s’imaginer ce que je ferais, si elle n’était pas une droguée, si elle n’était pas, surtout, une de mes clientes. Je me voyais parfaitement la porter jusque dans mon lit, ses cheveux doré s’étalant sur les oreillers, tandis que ses lèvres gonflées hurlerait un plaisir que je lui offrirais sans retenu. Je voyais ces draps souillés d’un plaisir foudroyant, partagé. Mais je n’étais dupe et savait pertinemment ce qui l’amenait ici. Elle était comme toutes les femmes de son genre : elle était prête à se vendre pour un sachet de drogue, comme si j’étais assez con pour tomber dans le panneau. « Qu’est-ce que tu fou ici ? », demandais-je toutefois, au cas où elle pouvait m’apporter une autre réponse qui me satisferait d’une meilleure manière. Je tâchais de sortir de ma tête ces images érotiques qui ne cessaient de danser sous mes prunelles écarlates, tâchais d’ignorer cette chaleur qui s’emparait de mon être, ce désir qui battait dans mes veines, tout comme je m’efforçais d’ignorer cette voix dans ma tête qui m’ordonnaient de la prendre sur le champ. Mes mots et mon visage étaient dur et froid tandis que dans mon corps venait de s’allumer un brasier … que je ne manquerais d’éteindre en charmante compagnie quand je me serais débarrassé d’elle, simplement pour ne pas me coucher frustré. « Ecoute Aeddan, toi et moi on pourrait vraiment faire de belles choses ensemble ». Je te le fais pas dire, aurais-je voulu lui dire. Mais je préférais garder le silence, car je n’étais pas vraiment sûr de réussir à lui résister, si je ne la mettais pas tout de suite dehors. Bordel, pourquoi est-ce que cette bonne femme me mettait dans cet état ? Elle n’avait rien de particulier, si ce n’était qu’elle était jolie. En plus, je n’avais jamais aimé les blondes et encore moins les putes. J’esquissais un pas en arrière, trop tard cependant. Elle se jeta sur moi, sans que je ne puisse protester et ses lèvres glissèrent contre les miennes en une étreinte qui n’avait rien de tendre. Et comme un con, je flanchais. Ma main chuta sur ses reins, tandis que la seconde, libre, se glissait dans ses cheveux. Mes dents se fichèrent dans sa lèvre inférieur et dès que sa langue se joignit à la mienne, que je goutais à elle, je su que j’étais perdu. Un désir brutal et sauvage m’emporta et j’acceptais pour la première fois ce que j’avais refusé à toutes les autres auparavant. Lorsque ses lèvres douces et fruitées furent retirées aux miennes, un grognement de protestation s’arracha à ma gorge. Si elle avait changé d’avis, il risquerait d’y avoir un problème. « Tu vas juste profiter de ce moment et je te promets qu’après ça, tu ne voudras plus jamais me laisser partir ». Mensonge, me hurla ma conscience. J’allais me repaitre de sa silhouette et elle disparaitrait au petit matin, comme toutes les autres. Je n’étais amoureux de cette femme, je la désirais simplement, comme le joyau précieux de ma collection. Mais ça n’irait plus loin, n’est-ce pas ? Pourtant, alors que je la guidais vers cette chambre qui étoufferait nos gémissements, je su qu’elle avait raison. Je flanchais, je cédais, me cassant la gueule tête la première dans une relation que j’aurais dû fuir, dans une flamme que j’aurais dû éteindre plutôt que de l’entretenir.

« Putain, mais quel con », pestais-je, en virant le bras de la blonde pour m’extirper de ce lit qui avait recueilli nos corps en une nuit teintée d’érotisme. Je fronçais les sourcils, tandis que j’enfilais un caleçon, me rendant alors dans la cuisine, loin de cette femme aux courbes tentatrices. Je n’étais qu’un idiot. Et j’avais irrémédiablement signé ma perte, je le savais, j’en étais parfaitement convaincu. Car je sentais toujours la douceur de son épiderme sous mes doigts, je sentais la flagrance de sa peau dans mes narines et je sentais toujours le goût de la chaire tendre sur ma langue. Idiot oui, je n’étais qu’un idiot. Comment avais-je pu me mettre dans une merde pareille ? J’avais cédé à la tentation et il me serait bien plus difficile de la laisser partir désormais. Surtout en connaissant le métier qu’elle exerçait. Je donnais un coup de pied dans la table, qui n’eut que le don de m’énerver d’avantage. Une douleur sourde s’éveilla dans mes orteils et je me maudissais pour avoir été aussi stupide. Du café. Il me fallait absolument un café, histoire de faire passer la pilule. « Tu es là, j’ai cru que tu avais déserté de peur de me croiser ce matin ». Je sursautais au son de sa voix, m’efforçant d’oublier qu’elle s’était fait entendre d’une toute autre manière cette nuit. Je gardais le silence, préférant ne pas relever de peur de lui laisser entrevoir le trouble qui m’habitait. Je versais du café dans une tasse sans prendre la peine de lui demander si elle en voulait aussi avant de me tourner vers elle. Elle était assise sur ma table et je haussais soudain les sourcils. « J’ai des chaises », fis-je remarquer, sarcastique. Elle percevrait sans doute ma mauvaise humeur, mais j’espérais qu’elle le mettrait sur le compte de sa présence, ce qui la pousserait à déguerpir le plus vite possible. Je la toisais en silence, ne sachant trop quoi dire. Je n’avais l’habitude de me réveiller auprès de mes conquêtes et quand c’était le cas, je les faisais rapidement disparaître en anéantissant chez elles tout espoir de me revoir un jour. Curieusement pourtant, j’avais dans l’espoir qu’elle, elle resterait plus longtemps. « Ouais, bon c’était sympa, mais j’ai du boulot moi, alors à la prochaine ». Je me figeais soudain, les muscles tendus. Du boulot. Tu parles d’un boulot. Je savais que j’aurais dû la laisser partir, pourtant, à peine eut-elle atteint le couloir que je la rattrapais. Me maudissant d’avance, je saisis son poignet et l’attirait jalousement à moi. « J’ai un marché à te proposer ». En réalité, je n’avais pas la moindre idée de ce que je voulais, tout ce que je savais, c’est que j’avais dans l’intention de la garder avec moi, qu’importait comment et pourquoi. Mon cerveau réfléchis à toute vitesse et j’eus l’impression que c’était quelqu’un d’autre qui parlait à travers moi lorsque je repris. « Je veux du régulier, toi et moi, en échange je te donne ta came, mais tu ne vas pas voir ailleurs ». Quel con. Je n’étais vraiment qu’un idiot, de me laisser ainsi piéger par une bonne femme. Plutôt que de la retenir, j’aurais dû immédiatement sortir me perdre dans les bras d’une autre donzelle. Mais je ne savais pourquoi je voulais la garder près de moi et ne plus jamais la laisser partir. Si jamais elle en venait à me demander pourquoi, je trouverais bien une excuse. Peut-être me croirait-elle si je lui affirmais que ce n’était que pour le sexe. « Deal ». Un sourire se dessina sur mon visage, que je chassais rapidement au profit d’une expression vide et froide. Je ne savais encore à cette époque que je venais tout simplement et irrévocablement de signer ma perte.


J’étais différent. Elle m’avait rendu différent. J’étais toujours cet être possessif et jaloux à l’extrême, orgueilleux et fier, mais je ne me souciais plus seulement de moi. Ni de Chloé. Elle faisait désormais partie de ma vie et rien au monde n’aurait pu m’en défaire. J’étais tombé amoureux. Jamais je ne l’aurais avoué à qui que ce soit, pourtant, c’était un fait avéré. Quatre ans que nous étions ensemble, on pouvait bien dire à ce stade que j’étais perdu, n’est-ce pas ? Comme chaque soir, je foulais le sol de la Nouvelle-Orléans pour écouler ces sachets de drogues qui nous permettait de vivre convenablement. Chloé avait trouvé son propre appartement désormais et mais cela ne m’empêchait pas de toujours veiller au bien être de ma sœur. Quant à Ali, ma jalousie était telle que j’aurais été prêt à n’importe quoi pour elle. Il était hors de question que l’argent ne manque, parce que j’étais même prêt à l’entretenir, simplement pour qu’elle n’envisage pas un seul instant de se perdre dans d’autres bras que dans les miens. Je continuais donc inlassablement à fouler le sol de cette belle ville qui m’avait vu naître, pour écouler ma marchandise et ainsi rentrer dans les bras de cette femme à qui je pourrais offrir sa précieuse came sans le moindre problème. « Sexy ta meuf, O Briain. Vraiment chaude comme la braise. Quand mon pote en aura fini avec elle, je me la ferais bien. Tu sais combien ça coûte, une nuit en sa compagnie ? ». Je haussais les sourcils et cherchait l’origine de la voix que je ne tardais à repérer. J’avais déjà vu cet homme plusieurs fois, bien entendu et je n’étais pas sans savoir qu’Ali lui plaisait. Si ça n’avait tenu qu’à moi, il serait déjà mort rien que pour avoir osé la regarder. Mon sang ne fit qu’un tour et je commençais instantanément à trembler de rage. J’allais le tuer, simplement pour avoir osé parler d’elle. « Tu es conscient que tu viens de prononcer tes derniers mots avant ta mort ? », hurlais-je, de grandes enjambées me portant très rapidement devant lui. Je l’attrapais par le col et m’apprêtais à lui envoyer mon poing dans la figure, quand il reprit la parole. « Quoi, tu n’es pas au courant ? Je pensais que tu savais que ta meuf se tapait la moitié de la ville. Apparemment, tu ne dois pas être suffisant pour la satisfaire. Mais tu sais, les putes … On peut partager si tu veux. Je te promets de ne pas te la rendre trop amochée ». Un sourire illumina son visage, premier endroit où je frappais. Il recula d’un pas, mais je le saisis par le col et le poussais violemment contre le mur, sa tête heurtant la brique dans un bruit sourd. « Attends ! ATTENDS ! Je peux le prouver. C’est pas ma faute, O Briain, je te jure que si tu me lâches, je te dirais où elle est ». L’espace d’un instant, je cru que j’allais effectivement le tuer. Mais je le relâchais, reculant d’un pas, tandis qu’il me donnait une adresse que je notais dans un coin de ma tête pour la ressortir le moment venu. « Merci vieux ». « Merci de quoi ? », sifflais-je entre mes dents. Une nouvelle fois je le frappais, avant de le faire tomber. Ma rage étant à son paroxysme, je le rouais de coup avant de l’abandonner dans cette ruelle sombre. Qu’il crève, cela m’étais totalement égal. Tout ce que j’avais imprimé, c’était que s’il disait vrai, Ali était là, quelque part, en train de se faire par un mec qui n’était pas moi et ce malgré nos quatre ans d’amour et de belles promesses. Pressant le pas, je me rendis à l’adresse donnée et enfonçait la porte, sans aucune cérémonie. Je grimpais les escaliers et ouvrit la porte d’une chambre pour découvrir un spectacle qui me mit dans un état de rage tel que je n’en avais pas connu auparavant. Mon nom fut prononcé par ses lèvres pulpeuses, mais je n’écoutais pas. Mon arme me démangeait et je me demandais lequel des deux je me ferais le plaisir de butter en premier. « Tu n’es qu’une belle salope. J’espère que tu as pris ton pied parce que tu vas me le payer très cher, Ali ». L’homme qui se tenait à ses côtés sembla prendre la parole, mais dicté par une colère et une rage que je ne me connaissais pas – du moins pas à ce point – je n’écoutais pas. Je me saisis de mon arme et pour le faire taire, j’appuyais sur la détente, sans le moindre sentiment, sans la moindre émotion. La balle l’atteignit et j’envisageais l’espace d’un instant de retourner l’arme contre Ali, histoire qu’elle aussi, cesse de crier. Mais les flics arrivèrent bien trop vite, sûrement prévenu par cet abruti que j’avais tabassé. Je ne cherchais pas à m’enfuir. Passer un moment derrière les barreaux me ferait du bien, me calmerait. Sinon, il y aurait des têtes qui tomberaient.

« Aeddan ! ». Je l’avais presque oublié, l’espace de quelques heures. Depuis mon arrestation, depuis que je l’avais surprise dans les bras de ce connard. J’avais oublié qu’il y en avait une qui souffrirait de ce que j’avais fait et c’était bien Chloé. Je levais les yeux vers son visage et constatait qu’elle avait pleuré. Mais surtout, je pouvais voir le dégout sur les traits de cette petite sœur tant aimée. « Comment est-ce que tu as pu faire une chose pareille ? Pour elle en plus. Je t’avais dit qu’elle n’était pas faite pour toi, je te l’avais dit ! Tu te rends compte que tu aurais pu le tuer ? ». Je gardais le silence, la dévisageant. Oui, j’étais bien conscient que j’aurais pu le tuer, je regrettais même qu’il s’en soit sorti. Mais je n’aurais pu lui dire, je ne voulais lui causer plus de peine qu’elle n’en avait déjà. Alors, je gardais le silence, me contentant de me taire pour ne pas éveiller en elle une colère qui la pousserait à m’en vouloir encore d’avantage. « Tu es allé trop loin », reprit-elle et enfin, je daignai soutenir son regard. « Cette fois je ne serais pas là pour te soutenir, Aeddan. Ne compte pas sur moi pour tolérer ça. On se reverra à ta sortie de prison, Aed, parce que je ne viendrais pas te rendre visite ». Elle se leva alors et m’embrassa sur la joue. Tout ça pour une pute, pensais-je. Quand je sortirais de prison, car j’allais y aller, c’était certain, Ali me le payerais. Je lui ferais regretter de s’être moqué de moi, je lui ferais regretter l’humiliation qu’elle m’avait forcé à subir. Pour l’heure, j’avais d’autres problèmes. J’étais tout de même poursuivi pour une tentative de meurtre et il était temps de faire face à mon destin. Je ne montrais toujours aucune émotion et ce n’était pas plus mal puisque la seule chose que j’étais capable de ressentir en cet instant, c’était de la haine. Mon avocat, commis d’office, avait sûrement déjà eu le plus de mal à trouver un compromis quant à une peine de prison qui ne serait pas trop lourde, je n’allais pas encore lui compliquer la vie. Me levant, je suivis les policiers qui me conduisirent dans la salle d’audience ou attendait le juge avec le verdict. Je m’installais, menotté, sans adresser le moindre regard à personne. J’attendais simplement l’énoncé. Mais visiblement, on n’était décidé à me foutre la paix pour le moment. « Monsieur O Briain, avez-vous quelque chose à dire, avant l’énoncer du verdict ». « Je suis désolé votre honneur », commençais-je avant qu’un sourire fier ne vienne se dessiner sur mes lèvres. « Je suis désolé qu’il ne soit pas mort. Et je suis désolée que cette pute ne soit pas morte aussi. C’est tout ce que j’ai à dire ». Un murmure parcourut l’assistance et mon sourire ne fit que s’élargir. Qu’ils bavardent. Quand je sortirais de derrière les barreaux, je préparais une vengeance qui allait en faire trembler plus d’un. Une en particulier n’allait pas tarder à souffrir. Le verdict tomba. Quatre ans. Ali avait donc quatre ans pour se cacher de moi, avant que je ne la retrouve et que je ne lui fasse payer tout cela. De l’amour à la haine, il n’y a qu’un pas, disais le proverbe. Eh bien, je l’avais franchis.


Quatre ans. Quatre ans, c’est long, quand on n’a personne à qui parler. Mais j’avais une motivation, un désir de vengeance qui m’écrouait et me poussait à ne jamais baisser les bras. Je me battais souvent. L’histoire du dealeur qui avait failli tuer un homme pour une simple prostituée suscitait les moqueries, si bien que j’usais de mes poings pour faire comprendre que j’étais un dur à cuir et qu’une bande de connards n’allait pas suffire à m’impressionner. Ma sœur n’était effectivement jamais venue me voir, mais de temps à autre, elle m’écrivait. C’était peu, bien entendu et très vite je me sentis plus seul que jamais, désespéré. La seule chose qui me poussait à garder la tête haute était de savoir que j’allais sortir de là un jour, qu’Ali elle était toujours en liberté et qu’elle allait payer très cher ce qu’elle avait fait. Le seul avantage qu’avait eu la prison eu été de me sevrer de cette drogue que je m’injectais si souvent. Désormais clean, je pourrais être fier d’annoncer ça à Chloé, point qui lui permettrait peut-être de retrouver un peu confiance en moi. Je ne pouvais que la comprendre, finalement. J’avais tenté de l’éloigner de nos parents pour la protéger, mais j’étais devenu pire qu’eux. Bien pire qu’eux. Elle était parfaitement dans son droit de m’en vouloir et c’était à moi de lui prouver qu’elle avait tords de ne pas me faire confiance. Du moins, c’était ce que j’essayerais de lui faire croire. Je voulais redevenir ce frère protecteur qu’elle avait connu et aimé et qu’elle souhaitait retrouver, simplement parce qu’elle méritait que je veille sur elle comme un trésor, parce qu’elle était mon trésor. Les jours s’écoulèrent, les mois, les années. Si mes co détenus me posaient problèmes, ce n’était le cas des surveillants, avec qui il m’arrivait de troquer un paquet de cigarettes – seul drogue que je n’étais parvenu à éliminer – et avec qui je me risquais de temps à autre à des parties de poker. Bientôt, le temps s’écoula plus rapidement et les jours approchèrent peu à peu de ma libération. C’était avec une certaine difficulté que je quittais le milieu carcéral car je ne savais à quoi m’attendre à l’extérieur. Mais j’étais toujours obsédé par ce désir de vengeance. En revanche, il y avait quelque chose qui surpassait ma haine pour Ali et c’était mon amour pour ma sœur. Je ne tardais donc à la rejoindre dans cette nouvelle ville où elle c’était installée, bien loin de la Nouvelle-Orléans, à Windfall Lane. Je la retrouvais et peu à peu, je regagnais sa confiance. J’avais trouvé un boulot en tant que garagiste et elle en était satisfaite. Bosser sur des voitures me donnait l’occasion de passer mes nerfs et de me tenir à carreau le reste du temps. Enfin du moins j’essayais. En parallèle, je ne manquais pas de me renseigner auprès de mes anciennes connaissances au sujet d’Ali. Mark m’avait fait comprendre qu’elle avait quitté la ville, mais je ne cessais de mener ma petite enquête. J’ignorais encore que je n’aurais à chercher loin et que le destin étant doté d’un sens de l’humour particulier ne tarderait guère à me la servir sur un plateau d’argent …

   
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AEDDAN ♔ Le temps qui adoucie la peine n'efface pas le souvenir

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