AccueilAccueil  CalendrierCalendrier  FAQFAQ  RechercherRechercher  MembresMembres  GroupesGroupes  S'enregistrerS'enregistrer  ConnexionConnexion  

Partagez|

colored SYMPHONY ❦ Ethan D.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas
AuteurMessage
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 19:53



Ethan Donald Usami


❝ Everything that kills me, makes me feel alive. ❞


Mon histoire a débuté le 21 Décembre 1990, dans une lointaine contrée prénommée Tokyo, me dessinant comme un japonais. Également d'origine américaine, 22 printemps se sont écoulés depuis, le temps coulant et défilant à une vitesse défiant toute imagination. Je me suis façonné, et je suis désormais apte à assumer une personnalité qui m'est unique, mêlée de qualités qui me subliment, à savoir que je suis social, pensif, fidèle, ingénieux, créatif, ambitieux, curieux, à des défauts qui m'assombrissent, à savoir que je suis arrogant, renfermé, lunatique, maladroit, égoïste. Vous endormir, ou vous faire fantasmer sur un physique que des mots ne pourront véritablement esquisser dans votre esprit, serait vous faire du tort, ainsi je me contenterais de dire que je ressemble  étrangement à Nico Tortorella. Je suis donc bien un même. Vous ne l'aviez deviné ? Ma vie amoureuse est chaotique, mais je sais aujourd'hui m'intéresser aux femmes  et je suis épanoui. D'ailleurs, je suis en célibataire, depuis quelques temps à savoir deux ans, bien que ça n'interfère pas dans ma vie professionnelle. Je suis en effet dessinateur et en recherche d'emploie. En conclusion, et après ce petit retour sur moi-même, je pense être I want happiness.


Votre Secret
Une petite devinette. Quel est le point en commun entre le célèbre cinéaste, Sergeï Eisenstein, la légendaire actrice, Marilyn Monroe, le chanteur du groupe Fall Out Boy, Patrick Stump, le mythique écrivain, Victor Hugo, l'illustre compositeur, Wolfgang Amadeus Mozart et le guitariste défunt, Jimi Hendrix ? Vous ne voyez pas ? Et bien comme moi, ils sont tous synesthètes. Qu'est ce que la synesthésie ? Un gène touchant 4% de la population, un gène présent dans le chromosome X. La synesthésie est l'association, involontaire et automatique, de deux sens. Pour être plus clair je vais me prendre en exemple. Je suis atteins d'une synesthésie liant la musique et la vision que j'ai de couleurs voire parfois de dessin. Lorsque je vois du bleu j'étends une note de musique et inversement, c'est une perception de l'image sous forme de musique si vous voulez, je peux également percevoir le dessin d'une symphonie. C'est un gène très rare qui peut se décliner sous plusieurs formes chez certaines personnes et lier de nombreux sens définissant un synésthète. Ce n'est pas un secret lourd, même plutôt l'inverse. Je me sens différent et je sais que je vois le monde différemment. Et pour rien au monde j'abandonnerai cette particularité. C'est un secret, personne ne le sait à part ma défunte mère. Je ne pense pas que ce secret soit réellement important, mais il reste le miens.


Tics & Habitudes
✎ A croire que je collectionne les gènes rares, mes yeux sont hétérochromes ou plus couramment dit vairons. L'un est bleu et l'autre vert. ✎ J'ai une peur bleue des clowns. ✎ Mon second nom, Donald, est dû à ma soeur ainée qui était une grande fanatique de Disney et qui voulait que me nommer Mickey Mouse. Mais heureusement mes parents étaient là pour me sauver. ✎ Je hais les chats. ✎ J'ai quelques bases en violon et je me débrouille en piano. ✎ Ma mère est une pianiste japonaise très connue au Japon ayant le même secret que le miens, mais elle a également les yeux vairons. ✎ Ma peluche que je garde depuis 20 ans se nomme K'nouky, c'est un lapin sale souvent plein de bave qui sommeille en ce moment même dans mon placard. ✎ Je suis nul en maths... très très très nul... ✎ Je suis dessinateur pour une revue peu connue et indépendante à Chicago.


De l'autre côté du Miroir
PSEUDO ◮ (mono) Alcalin ÂGE ◮ seulement 16 années SEXE ◮ mâle OU AS-TU DÉCOUVERT LE FORUM ? ◮ Je fais parti d'un de vos forums partenaires.  QU'EN PENSES-TU ? ◮ Euh... comment décrire que le forum est magnifiquement codé avec un design coloré et travaillé qui roxxxe du poney... VEUX-TU ETRE PARRAINE(E)?◮ Je verrai plus tard je crois... FRÉQUENCE DE CONNECTIONS ◮ 5/7.  MOT DE LA FIN ◮ VIVE LES KIWIIIIS .





Dernière édition par Ethan D. Usami le Sam 21 Sep - 8:03, édité 9 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 19:54





part I

red like love
   Dessin. Laisse-moi marquer en toi ma mélodie. Libère de mon crâne cette symphonie. Ligne, couleur, rondeur, géométrie, dégradé. Entends-tu toi aussi ? Dessin, tu n'entends pas ? Pourtant je te la trace, de ma main, de cette pointe de carbone qui dévoile dans tes entrailles le fruit de cette harmonie. Tu ne le sens pas ? Ce contre-point, pourtant, me le hurle. Il pose ses questions et il se répond, cette merveilleuse discussion... je la vois, pas toi ? Il suffit de voir pour l'entendre. Vois-tu ? Dessin ? Vois-tu ce que je transmet ? Non ? Es-tu aveugle... ou simplement sourd ?

JUIN 2013
   « Au fait, depuis le temps, mes parents veulent te voir tu sais. », je haussais subitement d'un sourcil avant de grimacer me nichant dans la couette contre ma douce créature. « Ethan ! Fais pas l'enfant, ça fait un an... ils sont pas si horribles que ça. », je relevai alors doucement les yeux vers la brune aux yeux d'un bleu abyssal. Je pouvais sentir ses doigts, doux et tendre contre ma nuque me laissant quelques frissons qui vibraient au creux de ma colonne vertébrale. « Attends... ils sont chrétiens, ils t'ont envoyé dans une école pour bonnes sœurs ou je ne sais quoi de plus sectaire... c'est du suicide de me présenter à eux. », elle roula des yeux avant de rire venant à ma hauteur blottissant nos deux corps en tenu d'Adam et Eve. « Nooon, parce que je suis sûr que tu vas te tenir à carreau... sinon c'est ceinture de chasteté pour les deux mois à venir... », un long et froid soupir anima mes lèvres. Ok, c'était perdu d'avance. Je lui lançais alors le regard du petit chiot sous la pluie n'ayant rien à manger et cancéreux. Elle ricana déposant un baiser furtif contre mon front : « Non Ethan, on ira quand même. Tout va très bien se passer, tu vas éviter simplement de faire des commentaires douteux en rangeant ta haine envers les gens carrés de côté. ». Je grognais tendrement, des chrétiens pur souche, allant à la messe tous les dimanches et éprouvant un écœurement devant tous les déchets non-approuvés par l'autre gars en slip se disant fils d'une vierge... même un orphelin ne voudrait pas de ces parents. Et pourtant... ces trucs drogués par leur religion vont être mes beaux parents. Pourquoi déjà ? Ah oui, cet amour naissant pour la douce créature que j'avais en ce moment même dans mes bras qui au lit était d'un orgasme indescriptible. Comment un canon comme elle si intelligente et joueuse peut-être le résultat de l'union de deux prudes devenus mollusques grâce à leur stupide religion ? Je vous le demande... « Ah... et ils croient que je suis encore vierge alors s'il te plaît... », un rire déchira mon silence. Un rire moqueur surtout, les souvenirs de la soirée torride et érotique me revinrent à l'esprit. C'était un comble. Mais je me taisais. En parfait petit soldat amoureux j'acceptais bêtement de jouer le jeu. Pourtant mes pensées me hurlaient déjà de brûler leur maison, de mettre des croix sataniques partout, de brûler sous leurs yeux un bible ou une croix et de violer leur fille devant leurs yeux... ouai bon c'est un peu hard. « Ok, ok... tu peux me faire tout ce que tu veux sans que je bronche et je déteste ça tu sais... », elle ricana en fixant mon corps se redresser, sa main fraîche descendit contre mon dos. Elle savait s'y prendre c'est ça le pire, c'était Lucifer déguisé en une bombe sexuelle et qui adorait me ridiculiser. Demain, je vais rencontrer des gens que je méprise tellement en jouant le faux-cul, tout ça pour faire plaisir à ma copine, Vie-De-Merde ?
   Mais ! La sonnette retentis coupant cours à notre conversation. Je me levais prenant un oreiller en guise de feuille de vigne ce qui fit sourire la petite brunette : « T'es un nudiste dérangé, tu sais ? ». Je lui tirais la langue avec un rire, la pudeur ? Mais qu'est ce mot ? Non, en fait j'avais juste la flemme de m'habiller. J'approchais de la porte avant de l'ouvrir mon autre main soutenant le coussin qui cachait bien évidemment la baguette magique d'Harry Potter. Mes yeux buguèrent sur le vide... il n'y avait personne... Ah si ! C'était une gamine d'environ neuf ans habillée en scout avec l'habit vert vomi très laid. Elle avait un petit sac-à-dos Hello Kitty et dans ses bras, deux boites de cookie. J'aime pas les gosses, c'est moche, ça sent mauvais, ça pose des questions inutiles, c'est con, ça bave partout, ça trouve les chats mignons, ça vénère Justin Bieber et ça aime les licornes. Faire des gosses c'est inutile. Il y a uniquement la conception qui vaut la peine. On dit que si on brise un miroir c'est sept ans de malheur.... bah brisé un préservatif c'est dix-huit ans. « BONJ.... jour... », la gamine me balaya de la tête au pied. Je voyais sa tête rougir comme si on venait d'enflammer le visage d'un zombie. Je fronçais doucement un sourcil avant de soupirer m'impatientant légèrement. Elle a jamais vu de gens à poil derrière un oreiller ? Elle regarde jamais la télé ?. « Euh... Bonjour ? C'est pour ? », elle secoua la tête reprenant ses esprits et dévoilant son sourire le plus hypocrite. « Oui ! Mon école vend des cookies pour fina... », je la coupai automatiquement : « Woaw... t'es mignonne avec tes couettes et ton habillage en sac poubelle écolo, mais je refuse de participer à l’esclavage des enfants. Ils t'ont promis quoi ? Une bicyclette ? Une patinette ? Une radio ? Et bah... tu participes à l'effondrement économique des USA en participant à ce réseau. Il y a des gens comme ton papa ou ta maman qui travaillent dur pour t'offrir des barbies ou je ne sais quoi de plus commercial. Tu sais ce qui se passe quand des petites filles dans ton genre viennent vendre des cookies ? Et bah les emploies disparaissent ! Car il y a du travail au noir concurrençant les métiers de tes parents, et après ? Bah ils ont plus d’emplois, plus de barbies, plus de corn-flakes, plus de bicyclette. Ta mère va commencer à se prostituer et ton père va devenir alcoolique et avec un peu de chance drogué. Toi tu vas sûrement être revendue pour devenir servante dans une famille qui massacre des phoques et des petits chatons sans défense. Tu veux participer à ça ? ». La fillette, en larme, fit non de la tête serrant le paquet de cookie contre elle. « Okay, alors arrête de venir faire chier les gens à huit heure du matin... sur ce bonne journée... et au fait... le père noël n'existe plus, il s'est fait percuter par un camion coca-cola il y a deux jours. Regarde les infos ma petite. ». La porte se referma. Je soupirais rejoignant la Venus. « C'était qui ? », je souris doucement venant embrasser furtivement ses lèvres. « Oh rien... une gamine qui va sûrement ne plus revenir. »

  La décoration reflétait parfaitement leur vie. Tout est rangé, les meubles sont vieux et la tapisserie que même nos grands-parents trouvent démodée. « Je ne les supporte plus ces générations ! Toujours à faire la fête, se droguer, copuler un peu partout avec de parfaits inconnus. De notre temps c'était bien plus ordonné ! », mes dents se serrèrent. Le dîner était une véritable torture. Ils se sont plains toute la soirée de tout et n'importe quoi, on aurait dit des français. Leur fille me fixait avec un sourire et un regard qui voulait dire que ça sera bientôt fini. Ils parlaient encore et encore de choses inutiles et ennuyantes. Jusqu'au moment où ils ont fait l'erreur d'essayer de m'inclure dans une conversation : « Et vous prévoyez de vous marier quand ? ». La pauvre fille entre sa mère et son petit ami savait qu'elle était faites comme un rat. « On ne veut pas se marier, nous sommes trop jeune et on trouve ça inutile. ». La mère choquée, haussa d'un sourcil tout comme le père en fixant leur petite fille. « Mais... », je ne lui laissais même pas le temps de répondre que mon arrogance prit le dessus : « Nous n'avons pas besoin de l'accord de quelqu'un qui passe son temps à boire et à endoctriner les autres pour pourvoir prendre du bon temps contre un mur. ». Je me surpris moi-même d'avoir garder un langage à peu près correct. La mère sursauta et le pied de sa fille vint écraser le miens discrètement : « Ethan ! Il ne voulait pas dire ça maman. Nous pensons simplement que nous sommes un peu trop jeune pour nous marier... ». La vieille peau humidifia ses lèvres : « Mais nous, nous l'avons fait lors de nos dix-huit ans. », un sourire carnassier s'afficha sur mes lèvres et la douce et belle brune pencha la tête me fixant priant certainement intérieurement que je me taise. Ce que je fis. La conversation continua et l'idée du mariage, qui avait enflammée la pièce, restait en suspend. Non, une autre discussion plus éreintante vint sur la table: « Et tu sais ce que j'ai appris... tu sais ton oncle ? Il est devenu sodomite ! ». Oh par pitié pas ça. La bonne vieille homophobie des gens coincés. Le père semblait mécontent approuvant sa femme, on aurait dit qu'il avait été castré par les dents de sa femme lui, soumit à sa vieille peau, on se demande qui porte la culotte de cheval du couple. « Non, mais tu te rends comptes ? Heureusement que ta grand-mère n'est plus de ce monde pour voir ce qu'il devenu... ». Cette fois-ci ma pensée était trop forte : « C'est clair que les enfants c'est plus esthétiques. ». Belle maman laissa tomber sa fourchette en fronçant des sourcils : « Pardon ? ». Un sourire arrogant m'anima : « Excusez-moi, mais c'est un peu idiot de renier une forme de sexualité sous prétexte d'une religion souillée par des affaires de pédophilie. Vous êtes des gens coincés, individualistes et conformistes pensant qu'à leur petite personne. Mais je ne dirais qu'une chose, allez vous faire foutre vous et votre mari. »
  Je me relevai repoussant avec mépris mon assiette. Je pris la direction de la sortie, contrarié, essayant de calmer ma rage. La porte s'ouvrit derrière-moi, sa voix douce et distante me brisa le cœur :« Tu te rends compte comment tu as parlé à mes parents ? Tu n'avais pas le droit de les juger. Tu m'as ridiculisé !». Je me tournai pour la fixer, je vis ses yeux en larmes, ma gorge se serra d'un coup. Je m’apprêtais à dire quelque chose, mais elle me coupa : « Non... s'il te plaît ! Tu sais c'est quoi ton problème ? C'est que t'es incapable de laisser ton passé derrière toi, tu es incapable d'oublier ce qu'a fait ton père ! Tu n'avais pas le droit Ethan. Tu es arrogant, tu penses que tu es mieux que tout le monde... tu ne te rends pas compte à quel point tu fais du mal aux autres... tout ça parce que tu as une enfance minable... tu es égoïste, égocentrique... tu as tout gâché... tu as tout détruit... ». Elle se retourna secouant la tête pour rentrer. Je déglutis doucement les larmes également aux yeux. Je me retournais me dirigeant vers ma voiture, secoué avant de soupirer m'installant au volant et fixant mon regard dans le rétroviseur avant de le baisser. Je mis les clefs avant de partir à vive allure dans les rues de Chicago. Il devait être une heure du matin, j'étais abattue. Je n'avais aucune envie de boire, de finir dans un bar avec un alcool fort dans la main. Non... j'éprouvais seulement l'envie de voir l'une des trois personnes qui m'a le plus soutenue, dans ma vie. Ce n'est pas ma défunte mère, non. Ni ma sœur, qui est à des milliers de kilomètre.
  Je coupais le contact avant de reprendre ma respiration. Je sortis de la voiture fixant l'immeuble avant de monter les marches. Je m'arrêtai finalement devant la porte pour toquer, la porte s'ouvrit et un sourire faible étreint par réflexe mes lèvres. Un sourire rare et sincère. « Hey... désolé de te déranger à cette l'heure si tardive... mais j'ai besoin de toi... Aurora... »








part II

dark requiem
   Mélodie. Laisse-moi marquer en toi ces lignes. Libère de mon crâne ce feu d'artifices. Harmonie, clef de sol, contre-point, pizzicato. Vois-tu toi aussi ? Mélodie, tu n'entends pas ? Pourtant je te le joue, de mes mains, de ces touches d'ivoire qui dévoilent dans tes entrailles le fruit de cette caricature. Tu ne le sens pas ? Cet orgie de couleurs, pourtant, me le hurle. Il commence l'histoire et il l'a termine, cette merveilleuse vision... je l'entends, pas toi ? Il suffit de l'entendre pour le voir. Entends-tu ? Mélodie ? Entends-tu ce que mon regard admire ? Non ? Es-tu sourd... ou simplement aveugle ?

DECEMBRE 2011
  La musique emplissait la pièce blanche. Le sol était recouvert d'une bâche et les pots de peinture meublaient la pièce. En son centre trônait un vieux piano en piteux état. La douce musique provenait d'un poste de radio, posé au sol. Pinceau en main, je traçais une langue de peinture blanche sur un des bords de l'instrument. Je l'avais récupéré dans la rue. Il n'avait plus de corde, il manquait un pied et la résonance n'était pas terrible terrible. Il me manquait un piano, j'étais friand de ces gros morceaux de bois articulés étant un petit musicien. Aujourd'hui, c'était donc journée bricolage ! J'avais récupéré quelques cordes à bas coup et j'avais réussi à bidouiller un peu le piano pour qu'il tienne debout. A présent, je le repeignais entièrement. Plus qu'une passion, la peinture et le dessin en général étaient un métier. Pas glorieux comme métier, mais c'est un début. Petit dessinateur pour une revue indépendante. Une revue sur les arts en général qui se vend plutôt bien à Chicago et qui demande qu'à se faire connaître. Ce boulot me prenait une bonne partie de mon temps. Il ne paye pas très bien certes, mais je m'en contre-fiche. J'ai vécu dix-huit ans dans la richesse et cela ne m'a rien apporté, alors je ne cours pas après l'argent... les filles sont plus intéressantes ! Une nouvelle ligne rouge apparue sous mon pinceau, puis une bleue et un jaune. J'essayais de dessiner au mieux l'air qui prenait mes pensées et les transformer en tâche de couleur, comme un décodeur. Les notes se déguisaient en plusieurs pigments donnant naissance à une image, à une trame et un dessin. Je me rappelle encore de ma mère qui jouait sur son piano alors que je dessinais. Quand les premières notes retentissaient mes dessins prenaient une autre forme. Ce n'étais plus une maison avec un soleil en coin de feuille et une maison. C'était plus prenant. Comme quand vous regardez le ciel de nuit ou les nuages. Vous ne savez pas ce que c'est réellement, comment ils sont venus là, mais vous êtes admiratif devant leur beauté. Ma sœur était jalouse de moi, j'avais une vraie complicité avec ma mère qu'elle n'avait pas. A vrai dire, je tenais tout psychologiquement de ma mère : porté vers les arts, attentif à la nature et concentré. En revanche, j'ai tout pris du physique américain de mon père qui est originaire de Los Angeles, en Californie. Je venais d'emménager dans ce petit appartement nuancé de gris assez moderne que je trouve chaleureux.
  Mais soudainement un bruit attira mon attention... plusieurs pas... de nombreux pas. Je me redressais me demandant ce que c'était. J'entrai alors dans le couloir entendant de la musique provenant de mon salon et des discussions... mais... qu'est ce que c'était ? Je pris ce qui était à ma porté : un vase grisâtre assez moche que je devais jeter il y a deux ans. Mes pas étaient prudents. Mais... on avait l'impression qu'il y avait une fête derrière cette porte ou je ne sais quoi. Je posais alors ma main sur la porte menant au sol, elle s’abaissa doucement et j'ouvris doucement la porte. « HAPPYYYYY BIRTHDAAAAAY!!!! », mes yeux s'écarquillèrent d'un et des poils s'herissèrent d'un coup. Je refermai rapidement la porte derrière-moi tout tremblant. « Putain... Aurora je te hais... ». C'était elle qui avait tout manigancé j'en étais sûr ! Une vingtaine de clowns squattaient mon salon et lançant des confettis partout. Elle est la seule à savoir ma phobie pour... ces monstres ! Raah la vicieuse ! Mes bras et mes jambes tremblaient. J'étais complètement paniqué. Un groupe de psychopathe était en train de me retourner le salon et j'étais là... armé avec mon pauvre phase. Je pris la commode qu'il y avait dans le couloir pour la plaquer contre la porte. On sait jamais s'ils ont une soudaine envie d'envahir l'appartement. Les clowns c'est comme les rats ! Bon... réfléchis Ethan ! Je finis par m'enfermer dans le placard lumière éteinte, la sueur encore sur le front, complètement perdu, maudissant Aurora. M'envoyer des malades mentaux chez moi pour mon anniversaire... Y'A QU'ELLE POUR ME FAIRE CE COUP LA ! Non... il faut que je réfléchisse... Police ? Nop... mon portable est dans le salon... sinon je peux foutre le feu à la baraque, ils déguerpiront comme ça. Moué, mauvaise idée. Raaah Ethan aller ! Sauter par la fenêtre ? Me pendre ? Me tailler les veines ? Me noyer dans ma baignoire ? M'intoxiquer en buvant la peinture ? Trop long... oué oué... mon idée d'incendie était pas si idiote que ça !
Bon... prends ton courage à deux mains Ethan ! Tu te lèves comme un homme... Et tu vas leur dire dégager ! C'est ce que je fis ! Je délogeai doucement la commode avant d'ouvrir la porte. Puis mes yeux virent l'enfer... des perruques multicolores, des nez rouges, du maquillage de partout, des vêtements ridicules, des chaussures démesurées.... une mélodie de mort raisonnait dans ma tête. L'homme qui était en moi perdit subitement sa virilité et se précipita vers la sortie de l'appartement pour souffler...  Aurora... je te hais !  Bon... je dois être ridicule et vous êtes sûrement en train de vous dire que c'est un gars qui a juste peur des clowns... mais c'est une véritable phobie pour moi et même une torture. Je repris mon souffle en grognant légèrement n'aimant légèrement pas de me faire autant ridiculiser... j'aurais ma vengeance ! Je hurle à la vendetta ! Tu veux la guerre Aurora ? Et bien tu l'auras héhé ! Fais attention à tes arrières ma jolie russe parce que ton petit Thanou va te faire bouffer du sable pour le blasphème que tu viens de provoquer ! Bref... pendant ce temps je reste comme un con devant mon appartement. Après une heure à poireauter, ils sont enfin partis... j'ai du aller me planquer dans l'ascenseur de l'immeuble, mais l'important c'est qu'ils soient enfin partis ! Je reviens près de ma porte et je vois d'un coup mon salon multicolore avec des confettis, des banderoles etc... de partout... Vie-De-Merde ?

  Mes doigts naviguaient à vive allure sur le piano. Autour de moi ? Du vide. Je ne ressentais que le vide. Dans une sorte de transe, mes yeux balayaient les couleurs peintes sur les touches de mon piano et mes doigts reprenaient ensuite le relais. Je laissais en moi la puissance de mes émotions s'exprimer. Les couleurs, les lignes, les formes. Elles affluaient toutes derrière mon iris. Explosion. La mélodie allait très vite. Mais je m'en fichais. Un sentiment de puissance envahissait mes muscles, mon cœur battait tellement vite, mes pensées explosaient une à une donnant un feu d'artifice coloré. Un orgasme musical. Mon cœur était ouvert. Le flot de ses maux implosait donnant ce Ragnarök, cette apocalypse. Le temps semblait se courber sous mes doigts, l'espace, lui, s'agenouillait devant la suprématie des couleurs. Rouge, bleu, noir, vert, rond, do, cyan, écarlate, fa. Une ascension, tel un oiseau brisant le ciel pour exploser comme une étoile naissante et montant au-dessus des dieux. Oui, exprime-toi. Un vif coup de langue humidifia mes lèvres sèches tandis que mes doigts continuaient à caresser l'étoile. Ils caressaient la lumière du soleil et la douceur de la lune. Mes souvenirs s'entrechoquaient donnant chacun un nouveau big bang en moi. Une renaissance, des renaissances. Cette sensation, je maîtrisais tout. Mon cœur était le dieu créateur. Il était le roi, l'empereur, le titan, l'entité, le créateur, l'atome et le lion, l'océan et la terre. Un trou de vers laissant jaillir la lumière. Plus rien n'importait. Plus rien de comptait. Un nouveau sourire se déposa sur mes lèvres. Le phénix se déposait devant mes yeux et caressait doucement mes phalanges. Je sentais le vent caresser mon thorax et le baiser d'une femme se nicher dans mon cou. Des milliards de sensation, un goût chocolaté envahit ma bouche et une rosée caressa mes cheveux. Tout se mêlait. Ma mémoire ouvrait ses portes et le Styx se déversait en moi. Il s'enroulait autour de moi, je pouvais le sentir, je pouvais sentir la barque de Charon guetter.  Le coffre s'était ouvert pour laisser place à la lumière. Mais subitement... le noir  lécha ma peau. Les aigus montaient et mes yeux se dilatèrent. Les couleurs perdirent leur pigment. Une phrase raisonnait en moi. Elle ricochait entre les parois de mon cœur se jetant à ma gorge. Mes doigts perdirent tout sens et un froid glacial m'entoura. J'entendais le serpent me siffler dans l'oreille. Mon cœur tambourinait, il allait trop vite. « Elle est morte, Ethan... »
  Je repoussai d'un coup le piano faisant tomber ma chaise. Des perles de sueurs coulaient sur mon front, la pièce remplit de dessin se forma doucement devant mes yeux. Je pouvais voir les lueurs de la lune se déposer sur le piano entièrement peint de diverses couleurs. Le silence reprit ses droits et ma peau tremblait. Je reculais doucement pour m'adosser contre le mur et ainsi m'asseoir. Je venais d'avoir une crise d'angoisse... pourquoi ? J'étais frigorifié, mon souffle était incertain et je pouvais entendre mon cœur affolé. J'étais terrorisé. Mes pensées reprirent doucement formes. Cela ne pouvait pas venir de ma synesthésie, sinon ce n'aurait pas été la première fois. Non... cela venait de ma mémoire.... cela venait d'un souvenir...

  La soirée était bien entamée. Les gens riches et souvent milliardaires discutaient de leurs meubles, de leur maison ou de leurs multiples voitures. Verre de champagne en main, ils trinquaient, buvaient, discutaient, critiquaient, riaient. Ce monde me fait tellement pitié. Assis sur un canapé de l'exposition, je voyais les vautours rire des cadavres qu'ils venaient de trouver. Je fixais mon verre, je m'amusais à faire tourner le liquide à l'intérieur, en traduction je m'ennuyais à mourir. Je n'appartenais pas à leur monde, voyons. Chirurgien plastique, banquier, rentier, grand entrepreneur. Le pauvre artiste que je suis n'est qu'un petit mortel n'ayant aucun intérêt. L'exposition pourtant remportait un franc succès. Ils se demandaient tous qui était l'artiste derrière ces œuvres, l'artiste sans doute millionnaire vivant dans un manoir adorant l'antiquité. Un sourire arrogant s'afficha entre mes lèvres. Seul sur mon banc, mon regard se déposait sur chaque personne. Je les jugeais selon leur timbre, le langage, leurs habits, leur posture. Ils sont tellement hypocrites. Ils ne savent pas ce qu'est l'Art avec un A majuscule. Ils aiment tout simplement l'Art parce qu'il n'est pas accessible à tous, ils ne voient pas la puissance qui émane d'une œuvre, ils ne ressentent pas le baiser de l'Art se déposer sur leur torse... ils ne comprennent pas et ne seront jamais capables de voir l'essence même d'un cœur ouvert à une toile. Certaines personnes me jetaient quelques regards se demandant qui j'étais. A vrai dire, j'attirais fortement l'attention vu ma face de jeune adulte. Pff, je les hais tous, autant qu'ils sont. Ces hommes et femmes hautains donnant à la vie une estimation en dollar. Le battement de leur cœur est celui de la bourse et du cours du dollars. « Pourquoi tu restes dans ton coin ? », une jeune femme avec un verre dans la main me sourit. Elle avait un tailleur, les yeux bleus et une mèche brune tombant sur son visage. La trentaine, la posture d'une femme d'affaire, une femme plus puissante que la majorité des hommes sur cette Terre, cela ne va pas être dur me direz-vous. Je souris doucement la fixant s'asseoir : « L'hypocrisie n'a jamais été mon fort, Eva. ». Elle soupira en roulant des yeux : « Ils ne sont pas tous comme ça Ethan.. ». Je lui lançais un regard avant de rire : « Du genre ton mari ? Il a usé combien de photocopieuses à ton avis ? ». Elle perdit son sourire avant de grimacer : « Arrête... il t'aime bien Ethan... sois gentil avec lui... ». Je pris une petite gorgé avant de rire en secouant la tête : « Il a ce regard qui me juge comme une sous-merde que je déteste... ». Elle plissa des yeux avant de poser sa tête contre mon épaule : « Tu es paranoïaque c'est tout... tu veux pas faire plaisir à ta bonne vieille sœur et être sympa avec lui ? ». Je posais un regard sur la petite femme avant de sourire et de rouler des yeux : « Très bien... je ferai un effort... tiens... quand on parle du loup.. ».
  L'homme en costume s'approcha et afficha son putain de sourire faux-cul en m’apercevant. « Hey Ethan ! Qu'est ce que tu fais là ? », mes dents se serrèrent d'un coup et mon poing voulu atterrir dans sa gueule de petit con aux couilles en or. Eva sourit faiblement prenant ma main pour essayer de me calmer : « C'est lui qu'on expose Garett... ». Son mari haussa d'un sourcil avant d'avoir un rire nerveux : « Oh... mille excuses... mais... tu n'as pas le même nom que ta sœur ? ». Je roulais d'un coup des yeux. Mais quel boulet... bon... je devais être gentil. Je raclai ma gorge avant de parler avec un air arrogant, comme toujours : « Non... j'ai pris seulement le nom de notre mère... je vois ton intérêt pour la famille... beau-frère... ».Un sourire narquois prit mes lèvres. C'était un peu le combat de coq. Après tout il se tapait ma sœur, j'avais le droit d'être salopard avec lui. Eva soupira doucement voyant les deux hommes de sa vie s'entre-tuer via des regards. « Awh... mille excuses... Eva, je peux te présenter le dirigeant de SeanCorporation ? », ma sœur me jeta un sourire, déposa un baiser sur mon front et m'abandonna. J'étouffais ici, c'est fou. Mon regard se posa sur le piano. Telle une lumière divine, il m'appelait. Je finis par poser mon verre à pied, avant de me lever, et me dirigeais vers le piano luxueux. Mon corps se posa doucement sur le siège et mes doigts se placèrent devant les touches blanchâtres. Rien ne me venait à l'esprit. Le vide. Certaines personnes me fixèrent avant de sourire voyant que je n'avais aucune inspiration. Un léger grognement raisonna contre mon palais alors qu'un goût amer se déversait sur ma langue.
  Okay... calme toi Ethan. Ferme les yeux... voilà c'est parfait. Bleu. Mes doigts s'appuyèrent sur les touches et la mélodie partit d'un coup. Elle raisonnait dans la pièce que ma pensée s'empressait d'étouffer. Cyan... turquoise, bleu ciel, marin, vert ! Les couleurs défilaient lentement et mes doigts les traduisaient, les décodaient. Les fortunes autour de moi n'étaient que de vulgaires insectes que j'écrasais sous mon pied. Mon cœur ouvrait ses portes. Des fougèrent se généraient autour, des roses fleurissaient, des roses rouges, noires, bleues, jaunes. La mélodie était puissante. Tant d'images me traversaient et faisaient battre mon pauvre cœur d'humain. Des oiseaux aux multiples couleurs sortirent de cet antre. Tant de gaieté, tant de poésie. Plus rien n'avait d'importance, nous étions seulement trois. Mon cœur, moi, et le Piano. Des nénuphars fleurissaient autour de moi. Un étang se souleva et tourbillonna autour de mes doigts. Un lion de lumière jaillit de la porte et rugit de toute ses forces faisant exploser chaque fleurs en une multitude de couleurs. Bleu, rouge, noir, vert, jaune, violet, écarlate, pourpre, saumon... Cette sensation revint se déposer et chantait aux portes de mon être. Cette sensation de puissance. Comme si le réveil de la Titanomachie avait sonné. Le glas du temps sonnait, il vibrait, je le ressentais. La réalité se disloquait, une étoile naquit puis une autre. Une nouvelle nébuleuse se forme. L'illusion de l'âge d'or est là. Une nouvelle Genèse. Laisse ton art éclater, Ethan. Laisse le flux des couleurs te guider. Tu es le maître. Le maître de ce monde où tu n'es que le seul dieu. Le feu embrasa mes doigts qui effleuraient le piano avec dextérité. Laisse la lumière envahir ton esprit. Explose...
  Mes pensées se calmèrent doucement, tout comme mes doigts. Mes yeux s'ouvrirent et virent les hommes en train de m'applaudir. Mon ouïe revint petit à petit et fut troublée par le clappement de leurs mains. Je me levais doucement. Mon beau-frère me souriait en s'approchant : « Woah... très jolie performance... je ne te pensais pas ... ». Sauf que mon poing percuta d'un coup sa gueule d’entrepreneur et le fit chuter. Le craquement de son nez sous mes doigts me fit sourire d'un air mauvais. Tous les autres sursautèrent par mon geste si soudain. Je tournai les talons pour sortir prendre l'air. J'avais tellement chaud. Mon cœur battait trop vite et je m'étais encore laissé aller... mon impulsivité était plus forte que moi. « Ethan ! », je me retournais. Je vis Eva s'approcher avant de me prendre d'un coup dans ses bras. Je m'attendais à une baffe... mais l'aspect imprévisible d'Eva m'avait toujours surpris. Elle recula avant de me sourire doucement « Tu sais que j'ai toujours été jalouse de ton talent pour le dessin et l'art... ». Elle me souriait... je venais de foutre une droite à son mari. Je souris faiblement relevant les yeux pour les plonger dans les siens. Elle avait prit le physique de notre mère... mais ses yeux étaient ceux de notre père. Ses yeux entièrement bleus nageait dans les miens, bleus et verts... « Toi tu as toujours eu le talent de rester sereine... la plus appréciée des deux parents et...  », elle roula des yeux. « Roh tais-toi... cesse de te comparer aux autres Ethan... tu vaux mieux que ça. Tu as le don de faire ressentir des choses inconnues aux autres... rien que pour ça tu es meilleur que moi... moi je vis dans un monde de logique, de maths, d'argent sans plaisir. Awh... et t'excuse pas pour Charles c'est qu'un salaud... ça fait deux mois qu'on ne se parle plus. ». J'eus un sourire... je la pris à nouveau dans mes bras me blottissant contre ma sœur aînée... le cœur encore battant...








part III

unlike this world
   Un jour, quelqu'un m'a dit que je vivais uniquement dans mon monde. Loin de tous les autres... refermé sur moi, nourris uniquement par le rêve fantaisiste d'un monde poétique. Cette personne m'a dit d'écouter les autres, de les regarder, de les comprendre et de leur sourire en apportant une réponse démagogue. Mais, cette personne n'a pas compris que je n'ai jamais voulu ouvrir les yeux, que la lumière du réel me brûlait et consumait mes ailes. Que ma majesté, ma nature, ne serait qu'un nouveau déchet hors de l'irréel. Cette personne n'a pas vu la détresse de ce monde qui cherche par tous les moyens de s'enfuir pour s'enfoncer dans les ténèbres pour y chercher une lueur. Elle n'a simplement pas pu savoir que je vivais déjà baigné dans la lumière et que mon bonheur était simplement de vivre dans une autre ère.

AOUT 2008
  Son poing vint heurter avec violence ma joue. Je sentais un goût de sang envahir ma bouche tandis que je reculais ma main caressant ma joue pour essayer de la soulager. Je grognais de douleur en fixant mes doigts où étaient déposées quelques gouttes de sang: Il m'avait fendu la lèvre. Mais il n'allait pas s'en sortir comme ça. Je me jetais alors sur lui le faisant chuter en arrière avant de le ruer de coups. Je sentais parfois son genoux s'enfoncer dans mon estomac ou même ses mains se plaquer contre ma cage thoracique. Je savais que je lui avais cassé le nez et que la vue du sang coulant sur sa lèvre supérieure me faisait jouir de bonheur rassasiant ma rage. Tel un berserker je laissais un instinct primitif prendre les commandes et juste le faire taire une bonne fois pour toute. Je pouvais le tuer, je m'en fichais. J'étais trop jeune pour aller en prison dans le pire des cas je serais resté quelques mois en maison de redressement, mais sans plus. Ce n'est qu'un connard. Mais une main forte vint me prendre le bras : « ARRÊTEZ NOM D'UN CHIEN ! ». Eva eut du mal à me retirer de la carcasse bien amochée qui essayer de se défendre contre son propre fils. Mon père se releva et grogna me fusillant du regard et levant à nouveau la main. « PAPA ARRÊTE ! Non, mais vous avez vu comment vous vous comportez ? Comme de misérables gosses... », je roulais des yeux. « Tu crois que lever la main sur son propre père c'est normal ? », cette fois-ci c'est moi qui le fusilla du regard m'éloignant pour qu'Eva me lâche : « Parce que battre son propre fils c'est normal... t'es qu'un enculé ! Tu ne mérites même pas de vivre salopard ! ». Eva soupira en secouant la tête : « Ethan la ferme... Papa aussi ! Vous aidez pas là... on doit être unis... ». Mais je ne voulais pas l'entendre, j'avais déjà pris la porte.
  La pluie se blottit contre moi et m'entoura dans ses bras tendrement froid. Elle était battante, mais je m'en fichais. Le ciel gris inondait les routes. Les bras contre mon thorax, j'avançais dans l'immense jardin du manoir cherchant le portail pour sortir de cette putain de propriété. Les arbres étaient verts et les fleurs, filles du jardinier, abondaient créant un fabuleux mélange de couleur à la mélodie joyeuse et optimiste. Mais je n'avais aucune envie de sourire. Non, je courrais étouffant dans ce lieu, étouffant dans ce monde. Je sortis enfin dans la rue séparant les demeures de l'océan Pacifique qui borde le Japon. Je retirais mes chaussures pour ensuite les laisser devant les escaliers menant à la plage que je pris. Mes orteils caressaient le sable à chaque foulée et j'adorais cette sensation. L'eau descendante des cieux coulait sur mon corps de vulgaire mortel. J'avançais doucement vers les douces vagues qui berçaient mon oreille depuis ma tendre enfance. Un vert légèrement grisâtre et bleuté envahissait sa houle dans mes pensées. Mes mains prirent mon t-shirt trempé pour le lancer un peu plus loin. Je fis de même avec mon pantalon. Un frisson parcourut mon corps en sous-vêtement au contact du vent frais et de la pluie. J'avançais encore un peu avant d'entrer dans l'eau glaciale petit à petit et je finis par faire quelques brasses. Me suicider via la noyade ? C'était trop facile. J'allais donner raison à mon père et pour rien au monde je voudrais faire cette erreur. Non, j'étais beaucoup plus fort que ça. Je le suis toujours. Je pouvais entendre le vent exploser contre les vagues donnant de petites paillettes blanches sur le turquoise marin. Mes pensées étaient annihilées par cette embrassade de couleurs. Le sel, pourtant, s'infiltrait dans la plaie que j'avais sous ma lèvre et également sur mon dos, ayant été griffé jusqu'au sang, cela faisait un mal de chien, mais qui se calmait au fur et à mesure que mon esprit se déconnectait de mon corps pour jouer sa symphonie. Je finis par revenir sur Terre après une vingtaine de minutes. Je repris mes affaires avant de courir pour revenir vers l'immense manoir que j’affectionnais depuis toujours. Un silence morbide y régnait, mais je préférai ça que voir la face de mon stupide père. Je montais les escalier avant d'entrer dans ma chambre cherchant une serviette pour me sécher et me changer.
  Elle frappa doucement à ma porte avant de sourire me voyant mettre un t-shirt : « Hey... j'ai apporté de quoi désinfecter tes blessures de guerre... ». Un sourire léger s'afficha doucement alors que je baissais les yeux la voyant s'approcher et se poser à côté de moi sur le lit prenant un coton entre ses doigts : « Tu n'as pas envie de partir là-bas.... hein... ». Mes yeux se redressèrent pour la fixer avant de soupirer : « Je suis né ici... et lui ? Il veut tout détruire... il veut que j'arrête le piano et que je m'attaque à mes études... il croit que je vais bosser dans un lycée réputé en Russie pendant que vous, vous allez vous installez en France ? Il veut me séparer de toi... pff c'est qu'un connard. ». Eva soupira appliquant la solution contre mes plaies.« Tu le juges trop vite Ethan... il t'aime au fond.... il ne te comprend pas, c'est tout. », un sourire mauvais s'afficha sur mes lèvres : « Il est surtout jaloux de la relation proche que j'ai avec Maman c'est tout... que j'ai toujours réussi à la comprendre comparé à lui... ». Eva soupira une nouvelle fois en se relevant. « Ethan... le monde ne se résume pas qu'à Maman, la musique et le dessin. Regarde-toi, tu es en échec scolaire, tu es asocial, arrogant, impulsif... », je la coupais alors d'un coup : « Parce que la seule personne à m'avoir comprise c'est elle... alors arrête Eva d'essayer de me changer car je ne le ferais jamais. Critiquez moi, j'en ai rien à battre... mais me reprochez pas de vouloir fuir des personnes qui ne veulent pas de moi... »

   Le silence. C'était trop silencieux. Je ne supportais plus ce silence harassant, pervers et morbide. Pas un bruit, une vie monotone et terne. Ce lycée était une ignominie. Les tons froids de cette école étaient sans vie... des zombies plutôt. Une horreur, un enfer. L'Erebe se trouvait ici, Cerbère était le foutu proviseur et les âmes errant dans les limbes étaient ses élèves. La Russie, je hais tellement ce pays. Froid, sans couleur. Les russes ne sont que des ordinateurs programmés par le gouvernement. Je déteste et méprise ce pays. Le lycée international où j'étais, est réputé dans tout le monde. Mes notes étaient décevantes, mais je me tenais à carreaux. J'allais devenir fou. Mon cerveau était si calme, vide. Le néant, plus un son, un bruit, une étincelle... non... rien. Il n'y avait pas d'instrument dans l'école, pas de cours de musique. Et le cours d'Art se résumait par construire des choses sans vie et dessiner des cubes. Je correspondais une fois par mois avec ma sœur via de nombreuses lettres. Je lui disais à quel point, ici, c'était le royaume de la mort. Pire qu'une école militaire. Tout est si monotone... organisé. Sans surprise. Je n'avais pas d'amis, naturellement. A part une fille sympathique avec qui je parle de temps en temps qui se nomme Aurora. Mais sans elle, il n'y a rien. Je veux sortir d'ici, m'enfuir. Mais les portes longeant l'ennuie sont fermés par l'endoctrinement de cette école. Je ne connais plus la définition de musique ou de peinture.  Nous avons les littératures en brûlant le cœur même de la poésie pour l'expliquer via des procédés que j'estime scientifique. C'est un blasphème. Nous n'avons pas de cours de philosophie, nous n'avons que des cours de moral idiote. La pensée, ici, ne peut pas s'échapper. La mienne est figée  dans la glace, mais je l'entends hurler. Je vais exploser. Je suis peut-être déjà fou voir schizophrène. Mais ce silence pesant me gèle mes membres. Il est temps d'agir. Il est temps. Laissons l'art de l'homme enfin s'exprimer.
Je sortis de ma chambre en pleine nuit avec une lampe de poche. Je marchais doucement vers les salles d'arts guettant le moindre bruit. Cela faisait a peine une semaine que j'étais ici et le couvre feu était étonnamment la première règle que je transgressais. Je voulais briser simplement ce silence. L'excitation de redécouvrir la sensation du bruit brusquait mes pas. Je finis même par courir rejoignant enfin la salle que j'ouvris doucement. Un sourire s'afficha quand j'allumais la lumière en voyant les pinceaux, pot de peinture, gouaches, aquarelles, toiles et tout autre outil. Mais... je voulais plus. Quelque chose de plus... grandiose et dangereux. Je pris alors tout ce que je pouvais prendre sur un meuble sur roulette. Un bon nombre de litres de peinture reposait dessus. Je quittais la salle d'art pour encore ne fois déambuler dans les couloirs noirs, sourire toujours aux lèvres. Je finis par arriver dans la cour devant le mur où était accroché les emploies du temps, les horaires, instructions etc... Fais attention à toi silence. Je serais toujours là pour te briser.
   Je pris alors un pot de peinture vert, ma couleur favorite, mon son favori à vrai dire. Je le jetais contre le mur faisant une énorme tâche. D'un coup, ma vision s’éclaircit. Je voyais enfin une note de musique et cette sensation retrouvée procurait en moi une jouissance absolue et elle galvanisait mon cœur qui recommençait à battre. Je pris un autre pot de peinture, puis un autre et encore un autre. Une mélodie s'élevait dans l'air, enfin. Puis transcendait par leur musique je me mis à dessiner, avec mes mains, mon corps, des pinceaux, des couteaux, tout ce que je trouvais sous la main, en clair. Les couleurs se mélangeaient au clair de lune. L'aquarelle faisait des vagues éclaboussant la gouache. Une scène se représentait au fur et à mesure du temps. Je suis même parti prendre l'échelle pour compléter le haut du mur se réchauffant sous ces couches de couleurs. Une explosion intense se créait au bout de mes doigts. Une nouvelle transe. Cette transe que j'adore laissant éclater mon art. Des ailes poussaient dans mon dos. Je ne voyais plus les heures défilaient, ni la lune se mouvoir dans le ciel qui s’éclaircissait endormant les étoiles. Mais je m'en fichais, j'étais en dehors de ce monde, enfin. Je n'attendais que ça. Je sentais la mélodie serrait ma peau et la rendre plus forte. Mes yeux vairons se fichaient de l'extérieur et suivait le rythme de cette immense fresque. Bientôt les fantômes allaient se réveiller et ils allaient voir ma création musicale. Les conséquences ? Peu importe. J'étais en feu, j'étais Ifrit, le djinn démoniaque au corps brûlant. Je pouvais respirer, je pouvais vivre. Un monde sans art n'est pas un monde, c'est une feuille blanche. Je dessinais encore et encore. Tout avais disparu. Seul les couleurs et les sons étaient présents.
   « MONSIEUR STEVENSON ! », je laissais tomber le pinceau à terre avant de buguer en voyant environ une centaine d'élève avec un professeur me fixer. Mes vêtements dégoulinaient de peinture. « C'est Usami... monsieur... Stevenson est le nom de mon père et... », le rabat-joie aboya « Non mais vous vous fichez de moi ? ». Le bon vieux sourire arrogant reprit ses droits : « Bah... je réponds à votre question... non ? ». Le professeur s'approcha et agrippa froidement mon col pour me faire avancer : « On va voir si vous serez encore arrogant devant le proviseur ! ».
   Et voilà comment j'ai fait pour être viré en moins d'une semaine d'un lycée. Je garde toujours contact avec la douce Aurora, mais cette expérience m'a rendu compte d'une chose. Personne ne sera capable de m'enfermer dans une boite, car même le ciel ne peut contenir la symphonie des couleurs...









part IV

symphony's colors
   Les pages se tournent. Elles virevoltent dans le ciel obscure. L'histoire renaît et continue dans le temps, amante de ses desseins. Chaque homme a, en lui, une page de ce roman qui s'écrit au fur et à mesure. Laissons l'encre se rependre sur le sol, laissons l'histoire déchirer nos feuilles pour en recommencer une autre, pire ou meilleure. Nous ne sommes pas maître de notre destin. Nous ne maîtrisons même pas nos cœurs, source de notre force. Toute notre vie, nous seront passif à regarder les cartes se déposaient sur le tapis et à pleurer de plus en plus en voyant notre tas de jetons se vider. Le bluff n'a pas sa place dans ce jeu vicieux, tout est vérité et encore vérité. Le mensonge étant une forme de vérité, il n'y a pas d'échappatoire. Nous sommes fait comme des rats. Mais nous sommes un tout. Une mélodie est un alliage de note et le dessin, de couleurs. Le destin est propre à un homme. Mais quand ces hommes ce tendent la main, le Destin ne peut lutter. Les cœurs se taisent pour écouter les autres battre. Tel est l'humanité, un tout. C'est pour ça que la Vie créa la Mort... pour que l'homme ne puisse jamais gagner la partie.

SEPTEMBRE 2001
   Le piano raisonnait dans tout le manoir. Une douce mélodie naviguait dans les couloirs inondant les chambres et les pièces principales. Il y avait beaucoup de technique, une fluidité dans les accords et une imagination débordante. « Maman... je peux jouer ? », la mélodie s'arrêta. Sakura Usami sourit à son fils. Elle me sourit. Un sourire débordant d'affection et d'assurance. Un sourire qui illumine votre visage quand vous l’apercevez. Comme une éclaircie soudaine dans un ciel orageux. Elle posa sa main sur mes cheveux blonds et me laissa la place en se relevant penchant la tête. Les touches de son piano étaient de plusieurs couleurs différentes. Mais cela ne me posait pas de problème. Elle prit une chaise et se posa à côté de moi, intriguée. Je n'avais jamais pris de cours de piano, mon père ne voulait pas. Ma mère jouait uniquement quand il n'était pas là car monsieur n'aimait pas être dérangé par « du bruit ». Pourtant elle était pianiste... je n'ai jamais comprit leur union, mais en même temps je n'avais qu'une dizaine d'années. Je regardais donc attentivement les couleurs, cela faisait un beau mélange. Mais il fallait mettre de l'ordre dans tout ça. Je posais mon doigt naïvement sur une touche avant d'appuyer dessus. Une note raisonna et elle coordonnait avec la couleur affichée. Un sourire assuré apparut sur mes lèvres. Je posais un autre doigt sur une touche puis une autre et encore une autre allant très lentement. Mme Usami pencha la tête me fixant avant de sourire de plus belle, son fils était comme sa mère. « Ethan... ferme les yeux et dis moi ce que tu vois... », je haussais d'un sourcil avant de hocher de la tête et de fermer les yeux. Ma mère posa sa main sur une touche au hasard et un flash se produit derrière mes yeux. « Un ciel émeraude... », une autre note sortit du piano. « Un ciel pourpre... mais... », ma mère secoua la tête et se mit à jouer comme à son habitude une mélodie rapide, mais simple... un ricanement de ma part la fit pencher la tête : « Et là ? ». « Une aurore boréale ! », ma mère s'arrêta avant de prendre doucement sur ses genoux. « Tu sais ce que ça veut dire ? », je fronçais des sourcils : « Euh... Qu'on va partir au pôle nord ? ». Elle ricana une nouvelle fois et prit ma main dans la sienne. Elle était si douce... « Ça veut dire que tu es quelqu'un de spécial ! ». Ma sœur ayant déjà dix-huit ans arriva au même moment et se posa contre le cadre de la porte, Sakura releva la tête pour lui lancer un sourire et se releva posant son fils sur le tabouret. « On aura cette discussion plus tard... je vais faire à manger... », elle partit dans la cuisine et ma sœur s'approcha fixant le piano. Silencieuse.
   Eva me fixa intrigué par ce qu'elle venait de voir et fini par s'asseoir à côté de moi. « Tu sais quand Papa revient de son voyage ? », elle ricana :  « Ce soir normalement... tu as hâte ? ». Je souris naïvement : « OUI ! Il m'a manqué... tu crois qu'il m'a rapporté un cadeau ? ». Eva soupira avant d'avoir un rictus : « Vu comment tu as été sage... ». Je lui tirais alors la langue avant de partir en courant dans les couloirs tout fou trimbalant K'nouky par les oreilles. Je finis par m'arrêter dans ma chambre pour me glisser sous mon lit et sortir une boite assez grosse que je cachais. J'ouvris la boite pour observer des centaines de dessins mélangeant les couleurs, les formes, les lignes etc... Mon père ne voulait pas que je dessine, il trouvait que c'était un passe-temps inutile et préférait que je travaille mes mathématiques ou que je regarde plusieurs chaînes de politiques de divers pays pour apprendre plusieurs langues... même si pour l'instant je ne connais que l'anglais et moyennement le japonais. Mais je n'étais pas à plaindre pour autant. Je vivais dans une maison luxueuse avec tout ce qui fallait pour vivre et même plus.

   C'était l'heure du coucher. Mon père n'était finalement pas rentrer, j'étais dans mon lit en train de lire un livre PASSIONANT sur les statistiques. Le japonais à côté c'est clair comme de l'eau de roche... mais je devais le lire à la demande du padre. J'étais assez naïf à cette époque pour obéir, pardonnez-moi. Ma mère frappa à la porte avant d'entrer pour me dire bonne nuit et soupirer en voyant mon livre de statistiques. Je penchais la tête en la fixant avant de baisser les yeux : « Pourquoi tu t'es marié avec Papa ? ». Sakura releva les yeux étonnée avant de sourire faiblement : « Parce que je l'aime ? » . Je plissais des yeux. Elle mentait, je la connaissais par cœur et elle mentait : « La vraie raison ? ». Mme Usami me fixa en soupirant... elle n'allait pas raconter son histoire de débauche à son fils, ni son manque cruel d'argent et l'occasion rêver de voir un gros porc fortuné vous suivre comme un chien. « Ethan... plus tard.... il est l'heure de se coucher... d'ailleurs... je vais m'absenter pour une semaine... ton père a besoin que j'aille à New York.. », je souris doucement me blottissant contre elle : « Reviens vite... ». Elle sourit caressant ma tête : « Ethan... ne fait pas comme moi... ne laisse pas les gens dicter tes actes... ». Je fronçais des sourcils en reculant doucement ne comprenant pas vraiment : « Toi et moi, on a le don de voir différemment la vie, nous sommes des synesthètes ! C'est quelqu'un qui est capable de voir la musique ou d'entendre un dessin enfin tu comprendras quand tu seras plus grand. Utilise cette vision pour t'exprimer... fais de la musique, dessine, fais tout ce que bon te semble.... laisse parler ton cœur. ». Une larme roula sur sa joue ce qui me choqua, je ne comprenais absolument rien à son charabia, mais j'essayais de retenir ce qu'elle disait. Elle m'embrassa... me dit bonne nuit et partit.

   Cela faisait quelques jours que Sakura était partie. Son mari, Lloyd, mon père, était toujours en France pour une affaire importante. J'avais l'habitude de ce quotidien, sauf que là ma mère n'était pas présente. Je ne m'étais jamais aussi longtemps séparé d'elle. Je dessinai sur la table du salon pendant que ma sœur regardait un film en anglais. Mais manque de chance, ma musique se coupa : plus de pile. Je retirais mon casque avant de soupirer fixant la télé m'ennuyant à mourir. Je me levai alors pour aller dans la salle où le piano de ma mère était installé. Je retirai doucement le capot pour enfin m'installer sur le petit tabouret. Laisse ton cœur parler... Qu'est ce que ça voulait dire ? Aucune idée... je fis une note, puis deux, puis trois et ainsi de suite, mon geste était incertain décomposant un peu la mélodie que je créais au fur et à mesure. Cette nouvelle sensation... elle était intense et forte. C'est comme si un foyer naissait dans mon être. Comme si le soleil se levait et éclairait une immense forêt de ses rayons lumineux et chaleureux. Les couleurs se mélangeaient, elles fusionnaient et créaient un ours de feu galopant dans un ciel écarlate parsemé d'étoile. L'ours rugit d'un coup, je pouvais l'entendre dans mon crâne. C'était... si beau ? Une substance se déversait dans tout mon corps...
   Mais un hurlement de terreur m'arracha de ma transe. Lentement je descendis. Elle était en larme. Hurlant au désespoir devant la télévision. Je fixais avec effroi ce qui se passait. Je voyais la Mort susurrer à mon oreille. Nous sommes le 11 Septembre 2001. Ma sœur court me prendre dans ses bras pour m'écarter de la télé, mais mes muscles étaient paralysés. « Elle est morte Ethan...»

Aujourd'hui, j'ai appris quelque chose.
La Mort n'est pas une fin en soit.
Elle est simplement la fin d'un livre.
Et le début d'un autre.
C'est ainsi que la symphonie des couleurs
A écrit mon histoire.




Dernière édition par Ethan D. Usami le Sam 21 Sep - 9:19, édité 33 fois
Revenir en haut Aller en bas
Gold, Silver & Bronze
avatar





ﮦ ÂGE : Vingt-neuf ans
ﮦ ACTIVITÉ : Gérante de la patisserie familiale
ﮦ CÔTÉ COEUR : Il n'y aura toujours que lui...
ﮦ MENSONGES : 3693
ﮦ DISPONIBILITÉ : Je suis là assez souvent pour être dispo
ﮦ A WINDFALL LANE DEPUIS LE : 30/01/2013

Tu ne sais jamais que le dernier baiser sera le dernier, tu penses qu’il y en aura plein d’autres, tu crois que tu as la vie, mais c’est faux.

I won't give up on us Even if the skies get rough I'm giving you all my love I'm still looking up.


one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 19:56

John Ross
J'aime le choix, j'ai hâte de voire ce que tu vas faire de Josh
Bienvenue & bonne chance pour ta fichette, si tu as besoin de quoi que ce soit, n'hésite surtout pas, le staff est là pour ça
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 19:57

WELCOME TO NEVERLAND ET BON COURAGE POUR TA FICHE

Il ne faut pas chercher à comprendre, j'avais envie d'écrire en majuscule
J'en connais une qui va être contente de voir de tels compliments

Si tu as besoin de quoique ce soit, questions, interrogations, soucis, envie de parler,  le staff est à ta disposition.  

ps: hestia tu m'as bien eu, coiffé au poteau


Dernière édition par Nikolaas D. Hudlow le Jeu 27 Juin - 19:57, édité 1 fois
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 19:57

bienvenue parmi nous
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 20:41

Bienvenue parmi nous beau gosse !
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 21:48

Heeeey merci beaucoup
J'espère ne pas vous décevoir...
Nikolaas & Hestia, awh mais je ne vais pas me priver de vous harceler... (O'donoghue & Morrison )
Même si je hurle au scandale pour votre gif où vous avez brisé la scène GrahamxEmma qui est THE scène de OUAT

Doooonc j'ai fini les préliminaires et j'attaque l'orgasme l'histoire demain, ne vous inquiétez pas je corrigerai les fautes d'orthographe qui trainent un peu partout...
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 22:14

John Ross ! Mon dieu !
Bienvenu à toi Smile
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 27 Juin - 23:49

Ethan D. Usami a écrit:
Heeeey merci beaucoup
J'espère ne pas vous décevoir...
Nikolaas & Hestia, awh mais je ne vais pas me priver de vous harceler... (O'donoghue & Morrison )
Même si je hurle au scandale pour votre gif où vous avez brisé la scène GrahamxEmma qui est THE scène de OUAT

Doooonc j'ai fini les préliminaires et j'attaque l'orgasme l'histoire demain, ne vous inquiétez pas je corrigerai les fautes d'orthographe qui trainent un peu partout...

Je te préviens, je suis armé mais moi n'aimant pas Graham, ni la scène dans OUAT, je préfère la scène dans le GIF interdiction de me tuer Arrow

J'aime le début alors si tu promets un tel plaisir pour l'histoire je l'attends avec impatience

Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Ven 28 Juin - 9:01

Le sexy boy de Dallas ♥
BIENVENUE
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Ven 28 Juin - 11:12

Meeerciii Aria & Charlize  

On va pas être keupain Nikolaas, je suis un très grand fan de Graham (qui n'a pas fait long feu , mais Jamie Dornan quoi  ). La scène dans le gif elle est fausse alors elle... je vais me faire tuer je vais me taire

Mais merci pour ces compliments  Même si l'histoire va être d'un ennui profond...
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Ven 28 Juin - 12:03

Ethan D. Usami a écrit:
On va pas être keupain Nikolaas, je suis un très grand fan de Graham (qui n'a pas fait long feu , mais Jamie Dornan quoi  ). La scène dans le gif elle est fausse alors elle... je vais me faire tuer je vais me taire


Tu oserais me préférer Graham? Tu me brises le coeur  
Moi je dis, tu me laisses la scène du gif et je te laisse la scène de la série, comme ça tout le monde est content  
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Ven 28 Juin - 16:08

Pour le plus grand malheur de Nik ( ) je préfère aussi Graham. Donc on peut être keupains nous !
Bienvenue donc, et bon courage pour la suite !
Revenir en haut Aller en bas
Gold, Silver & Bronze
avatar





ﮦ ÂGE : 24 ans
ﮦ ACTIVITÉ : Officieusement, elle est barmaid, en réalité, elle est stripteaseuse
ﮦ CÔTÉ COEUR : Le coeur pris par des sentiments contradictoires
ﮦ MENSONGES : 4154
ﮦ DISPONIBILITÉ : Disponible ♥
ﮦ A WINDFALL LANE DEPUIS LE : 01/03/2013

one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Dim 30 Juin - 16:05

DALLAAAAAAAAAAAAAAAAAS //PARPAING//
Bienvenu parmi nous et bonne chance pour ta fiche
Je dirais pas que je préfère Graham, mais je suis d'accord avec toi : cette scène elle déchire. Et Graham est mort
Sinon, j'vais avoir du mal avec ton avatar je crois. J'ai lu " Josh Hutcherson " et je me suis dis " Putain il a subit un sacré ravalement de façade le mec " //PARPAING//
Mais ton avatar est canon
Bref, je parle trop comme d'habitude, je fuis Arrow

_________________
WATCH OUT FOR THAT BITCH CALLED KARMA
La souffrance peut occuper une telle place qu’on en oublie le bonheur. Parce qu’on ne se rappelle pas avoir été heureux. Et puis, un jour, on ressent quelque chose d’autre, ça nous fait bizarre, seulement parce qu’on n’a pas l’habitude, et à ce moment précis, on se rend compte qu’on est heureux.
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Lun 1 Juil - 2:28

Je préfére Graham à Hook effectivement... Mais Hook est troisième dans la liste juste derrière Eion Bailey... August voilà ! Enfin... tu restes sexy 8D
Merci Aurora & Héloïse sinon  
Mais naaan tu parles pas beaucoup Héloïse *w*
Bon sinon mes petits chocobos je pense juste avoir un léger retard sur ma fiche vu que demain... enfin ce midi c'est anniversaire intensif (avec alcool) et tout ça durant deux jours...  donc je pense finir ma fifiche en fin de semaine... donc me tuer pas entre-temps ou me punissez pas T.T SAUF SI VOUS SORTEZ LES MENOTTES
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Mar 2 Juil - 13:38

Si tu redis que ton histoire est d'un ennui profond je te coupe la tête avec une enveloppe ! ♥
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Mar 2 Juil - 15:08

DALLAAAAAAAAAAS son univers impitoyable !! Et ses beaux gosses =P !!
Bienvenue à toi Ethan !! Ta fiche est déjà bien avancé dis moi !! ^^
A bientôt j'espère sur le fofo ♥♥♥ !!!
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Mer 3 Juil - 18:14

Bienvenue Smile ♥️ !
Revenir en haut Aller en bas
Invité

Invité





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 4 Juil - 20:49

Meeerciiii à vous o/
Bon... ma dernière partie est un blasphème avec une écriture digne d'un gosse de neuf ans et demi... enfin mille excuses pour les fautes et cette putain de partie IV qui est totalement à chier... voilà ! XD
Revenir en haut Aller en bas
Gold, Silver & Bronze
avatar





ﮦ ÂGE : Vingt-neuf ans
ﮦ ACTIVITÉ : Gérante de la patisserie familiale
ﮦ CÔTÉ COEUR : Il n'y aura toujours que lui...
ﮦ MENSONGES : 3693
ﮦ DISPONIBILITÉ : Je suis là assez souvent pour être dispo
ﮦ A WINDFALL LANE DEPUIS LE : 30/01/2013

Tu ne sais jamais que le dernier baiser sera le dernier, tu penses qu’il y en aura plein d’autres, tu crois que tu as la vie, mais c’est faux.

I won't give up on us Even if the skies get rough I'm giving you all my love I'm still looking up.


one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D. Jeu 4 Juil - 21:06

Ta fiche est juste magnifique  J'ai pris beaucoup de plaisir à la lire  
Tu es donc validé, félicitation
Tu peux dès à présent, rp, faire toutes tes demandes (lien, appartement, boulot...)
N'oublie pas de recenser ta bouille et de voter aux top sites ;)
Tu peux même flooder si c'est pas la belle vie
Have Fun
Revenir en haut Aller en bas
Voir le profil de l'utilisateur

Contenu sponsorisé





one more night


MessageSujet: Re: colored SYMPHONY ❦ Ethan D.

Revenir en haut Aller en bas

colored SYMPHONY ❦ Ethan D.

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut
Page 1 sur 1

Sujets similaires

-
» [ARCADE] Bubble Symphony
» Ethan C. Anderson ~ Une tête d'ange, dans un corps de démon
» [Est] Castlevania : Symphony of the night & Phoenix Wright : Ace Attorney
» Castlevania : Symphony of the Night [PS]
» M.I Ethan Hunt

Permission de ce forum:Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum
Goodbye Daylight :: RUNNING ON SUNSHINE :: at the end. :: Fiches de présentation-